{"id":1241,"date":"2021-12-07T12:13:05","date_gmt":"2021-12-07T12:13:05","guid":{"rendered":"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle-preface-a-la-nouvelle-edition-de-mainstream\/"},"modified":"2022-02-10T18:08:28","modified_gmt":"2022-02-10T18:08:28","slug":"state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle-preface-a-la-nouvelle-edition-de-mainstream","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle-preface-a-la-nouvelle-edition-de-mainstream\/","title":{"rendered":"STATE OF THE ARTS \u2013 Cartographie d\u2019une discipline en r\u00e9invention : la politique culturelle (Pr\u00e9face \u00e0 la nouvelle \u00e9dition de \u00ab Mainstream \u00bb)"},"content":{"rendered":"<p><em>Par Fr\u00e9d\u00e9ric Martel (ZHdK University)*<\/em><\/p>\n<p><em>Ce texte in\u00e9dit en fran\u00e7ais est publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois comme pr\u00e9face de l\u2019ouvrage\u00a0<\/em>Mainstream (<em>r\u00e9\u00e9dition en poche, collection Champs-Flammarion, publi\u00e9e en juin 2020). Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en anglais par\u00a0<a href=\"https:\/\/www.zhdk.ch\/departemente\/dkv\/zcce\">l\u2019universit\u00e9 ZHdK \u00e0 Zurich<\/a>\u00a0(le PDF en fran\u00e7ais et en anglais\u00a0<a href=\"https:\/\/www.zhdk.ch\/file\/live\/d2\/d2235839a57007c027b61d871cf3a5bede0e6c39\/2020_03_cultural-policies-mapping-a-field-in-reinvention-frederic-martel_article.pdf\">ici<\/a>). Les deux versions fran\u00e7ais et anglais sont similaires, malgr\u00e9 quelques l\u00e9gers remaniements. Les \u00e9tudiants et les lecteurs les plus \u00ab\u00a0acad\u00e9miques\u00a0\u00bb trouveront \u00e0 la fin de ce texte la bibliographie int\u00e9grale qui n\u2019a pas pu \u00eatre \u00e9dit\u00e9e, compte tenu du nombre important de r\u00e9f\u00e9rences, dans le livre\u00a0<\/em>Mainstream<em>. (Tous droits r\u00e9serv\u00e9s)<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 \u2013 Abstract<\/strong><\/p>\n<p>Cet article tente de d\u00e9crire la situation de la \u00ab politique culturelle \u00bb \u00e0 un moment de r\u00e9invention fondamentale. La transition num\u00e9rique a m\u00e9tamorphos\u00e9 la culture, mais les politiques de la culture tardent \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 cette nouvelle donne. A partir d\u2019une recension des principaux ouvrages et \u00e9tudes publi\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019article d\u00e9crit cette mutation fondamentale de la politique culturelle du fait de la transition digitale, mais s\u2019int\u00e9resse aussi aux autres mutations en cours, depuis la mont\u00e9e en puissance des industries culturelles jusqu\u2019\u00e0 la question de la diversit\u00e9 culturelle, sans oublier la transition \u00e9cologique. En fin de compte, l\u2019article constate un \u00e9largissement de la notion de \u00ab politique culturelle \u00bb et d\u00e9crit ses diff\u00e9rentes \u2013 et nouvelles \u2013 composantes actuelles : la politique artistique, l\u2019\u00e9conomie de la culture et les industries culturelles bien s\u00fbr, mais aussi la politique digitale et la r\u00e9gulation des plateformes ; la nouvelle philanthropie ; l\u2019\u00e9ducation artistique ; l\u2019algorithmie ; les villes cr\u00e9atives ; les r\u00e9seaux sociaux ; les start-ups culturelles ; la diplomatie culturelle ; la classe cr\u00e9ative ; le soft power etc. Ce faisant, cette approche \u00e9largie de la \u00ab politique culturelle \u00bb peut contribuer \u00e0 une nouvelle r\u00e9flexion sur le r\u00f4le des acteurs publics et priv\u00e9s et la place des artistes dans une soci\u00e9t\u00e9 digitale.<\/p>\n<p><strong>Mots cl\u00e9s \u2013 Keywords<\/strong><\/p>\n<p>politique culturelle\u00a0; art\u00a0; cr\u00e9ativit\u00e9\u00a0; innovation\u00a0; r\u00e9gulation\u00a0; industries culturelles\u00a0; num\u00e9rique\u00a0; politique num\u00e9rique<\/p>\n<p>_____________________________________________________________________________________<\/p>\n<p>* Fr\u00e9d\u00e9ric Martel est professeur (\u00e9conomies cr\u00e9atives) \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des arts de Zurich, ZHdK. Il est \u00ab\u00a0academic director\u00a0\u00bb du Zurich Centre for Creative Economies (ZCCE) \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ZHdK. Il est l\u2019auteur d\u2019une dizaine de livres, dont\u00a0<em>De la Culture en Am\u00e9rique<\/em>,\u00a0<em>Mainstream<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Smart<\/em>. Il anime chaque semaine l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Soft Power, magazine des industries cr\u00e9atives et du num\u00e9rique\u00a0\u00bb (France Culture, Radio France).<\/p>\n<p>_______________________________________________________________________________________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>I N T R O D U C T I O N<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0politique culturelle\u00a0\u00bb a longtemps \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie comme la politique publique en faveur de l\u2019art. Selon les mots c\u00e9l\u00e8bres d\u2019Andr\u00e9 Malraux, \u00e9crivain et\u00a0<em>premier<\/em>\u00a0ministre de la Culture fran\u00e7ais, la politique culturelle et le minist\u00e8re qui lui \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 devaient avoir pour mission \u00ab\u00a0de rendre accessibles les \u0153uvres capitales de l\u2019humanit\u00e9, et d\u2019abord de la France, au plus grand nombre possible de Fran\u00e7ais, d\u2019assurer la plus vaste audience \u00e0 notre patrimoine culturel, et de favoriser la cr\u00e9ation des \u0153uvres de l\u2019art et de l\u2019esprit qui l\u2019enrichissent\u00a0\u00bb (Malraux, 1959). Peu apr\u00e8s, en 1965, le gouvernement am\u00e9ricain choisit, lui aussi, de cr\u00e9er une agence culturelle f\u00e9d\u00e9rale, le National Endowment for the Arts qui vise \u00e9galement \u00e0 prot\u00e9ger \u00ab\u00a0l\u2019art qui est le plus pr\u00e9cieux h\u00e9ritage de la nation [car] c\u2019est dans nos \u0153uvres d\u2019arts que nous r\u00e9v\u00e9lons \u00e0 nous m\u00eames, et aux autres, la vision int\u00e9rieure qui nous guide en tant que nation. Et quand il n\u2019y a pas de vision, le peuple p\u00e9rit\u00a0\u00bb (Loi NEA, voir\u00a0: Martel, 2006).<\/p>\n<p>Dans les deux cas, comme ce fut vrai \u00e9galement dans d\u2019autres pays \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode (Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019), le gouvernement intervient directement ou indirectement pour financer les arts avec ce double souci de \u00ab rendre accessible \u00bb ou de \u00ab prot\u00e9ger \u00bb la culture, et de le faire au service de l\u2019int\u00e9r\u00eat national (Feder\/Katz-Gero, 2015). Cette dimension nationale, sinon patriotique, fut au c\u0153ur m\u00eame des politiques culturelles : c\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui, par exemple \u00e0 travers les d\u00e9bats r\u00e9currents sur \u00ab l\u2019identit\u00e9 nationale \u00bb ou l\u2019 \u00ab exception culturelle \u00bb (Martigny, 2016).<\/p>\n<p>Pour \u00ab publiques \u00bb et \u00ab nationales \u00bb qu\u2019elles fussent, les politiques culturelles ont connu toutefois, alors m\u00eame qu\u2019elles commen\u00e7aient \u00e0 se d\u00e9velopper, des inflexions majeures dans ces deux termes (Rosenstein, 2019). D\u2019une part, la politique culturelle a \u00e9t\u00e9 \u00e9largie pr\u00e9cocement aux activit\u00e9s conduites, au-del\u00e0 des seuls gouvernements et des \u00c9tats centraux, par les collectivit\u00e9s locales, \u00e0 tous les niveaux administratifs existants (l\u00e4nder en Allemagne ; \u00c9tats, counties et villes aux \u00c9tats-Unis ; r\u00e9gions, d\u00e9partements, agglom\u00e9rations et villes en France etc.). Bient\u00f4t, elle a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e plus largement encore jusque dans ses interactions avec l\u2019\u00e9ducation, la diplomatie et la politique de la ville ou m\u00eame \u00e0 travers les actions men\u00e9es par les philanthropes et les m\u00e9c\u00e8nes, voire par les entreprises.<\/p>\n<p>Si le caract\u00e8re de politique \u00ab publique \u00bb ne refl\u00e8te plus qu\u2019imparfaitement l\u2019ampleur et l\u2019ambition des politiques culturelles, leur dimension \u00ab nationale \u00bb non plus. C\u2019est au niveau europ\u00e9en, sinon international (G7, G20, OCDE, OMC), que sont imagin\u00e9es aujourd\u2019hui les r\u00e9gulations des g\u00e9ants de l\u2019Internet par exemple.<\/p>\n<p>A cela, il faut bien s\u00fbr ajouter la prise en compte de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 par les politiques culturelles. Historiquement r\u00e9ticentes \u00e0 consid\u00e9rer les industries culturelles dans leur dimension artistique, les acteurs des politiques publiques de la culture se les sont appropri\u00e9es, initialement pour les r\u00e9guler, ensuite pour favoriser l\u2019\u00e9conomie, l\u2019emploi, l\u2019attractivit\u00e9 ou le tourisme, enfin pour tenter de b\u00e9n\u00e9ficier de leur \u00ab\u00a0soft power\u00a0\u00bb. Peu \u00e0 peu, les industries de contenus sont donc apparues comme une dimension centrale des politiques culturelles.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le num\u00e9rique est venu, depuis la fin des ann\u00e9es 1990, transformer radicalement sinon les politiques culturelles, du moins la culture. Les acteurs publics et priv\u00e9s ont d\u00fb s\u2019adapter \u00e0 cette nouvelle donne. Une part importante des travaux des chercheurs se situent d\u00e9sormais dans ce domaine.<\/p>\n<p>Cet \u00e9largissement du concept de politique culturelle (Bennett, 2019), la prise en compte des industries culturelles, la formidable transition num\u00e9rique en cours et la globalisation de la culture (Durrer, 2019b) ont donc contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019extension des champs acad\u00e9miques de cette discipline qui, ancr\u00e9e originellement dans les sciences sociales, se nourrit \u00e9galement ou s\u2019\u00e9tend d\u00e9sormais \u00e0 la science politique, \u00a0l\u2019\u00e9conomie, le droit, les \u00ab media studies \u00bb, l\u2019anthropologie ou m\u00eame le management (Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019). Peu \u00e0 peu, et alors m\u00eame que le monde de l\u2019art et des artistes \u00e9tait en train de changer radicalement, la politique culturelle est devenue, tout en empruntant ses r\u00e9f\u00e9rences aux autres sciences sociales, une discipline \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"toc_container\" class=\"toc_light_blue no_bullets\">\n<p class=\"toc_title\"><strong>Contents<\/strong><\/p>\n<ul class=\"toc_list\">\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#I_Des_politiques_culturelles_nationales_en_mutation\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">1<\/span>\u00a0I \u2013 Des politiques culturelles nationales en mutation<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#II_Les_politiques_culturelles_a_lage_numerique\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">2<\/span>\u00a0II \u2013 Les politiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique<\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Aux_origines_dInternet\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.1<\/span>\u00a0Aux origines d\u2019Internet<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Les_conditions_de_production\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.2<\/span>\u00a0Les conditions de production<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Les_pratiques\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.3<\/span>\u00a0Les pratiques<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Smart-phone_reseaux_sociaux_et_apps\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.4<\/span>\u00a0Smart-phone, r\u00e9seaux sociaux et apps<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#La_prescription_et_la_smart_curation\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.5<\/span>\u00a0La prescription et la \u00ab\u00a0smart curation\u00a0\u00bb<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#La_regulation\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.6<\/span>\u00a0La r\u00e9gulation<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Lart_numerique\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">2.7<\/span>\u00a0L\u2019art num\u00e9rique<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#III_Nouvelles_politiques_culturelles_a_lage_de_lalgorithme\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">3<\/span>\u00a0III \u2013 Nouvelles politiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019algorithme<\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#LEurope\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.1<\/span>\u00a0L\u2019Europe<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#La_ville_creative\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.2<\/span>\u00a0La ville cr\u00e9ative<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Mesurer_et_evaluer_lefficacite_des_politiques_culturelles\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.3<\/span>\u00a0Mesurer et \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 des politiques culturelles<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Les_nouveaux_modeles_economiques_des_artistes\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.4<\/span>\u00a0Les nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques des artistes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Les_nouvelles_philanthropies\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.5<\/span>\u00a0Les nouvelles philanthropies<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#La_place_des_artistes_dans_luniversite\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">3.6<\/span>\u00a0La place des artistes dans l\u2019universit\u00e9<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#IV_New_futures_les_questions_qui_viennent\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">4<\/span>\u00a0IV \u2013 New futures\u00a0: les questions qui viennent<\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#DEI_Diversity_Equity_Inclusion\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">4.1<\/span>\u00a0DEI (Diversity, Equity, Inclusion)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Une_culture_durable\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">4.2<\/span>\u00a0Une culture durable<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Conclusion_la_nouvelle_politique_culturelle\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">5<\/span>\u00a0Conclusion\u00a0: la \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb politique culturelle<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Bibliographie\"><span class=\"toc_number toc_depth_1\">6<\/span>\u00a0Bibliographie<\/a>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/fredericmartel.com\/state-of-the-arts-cartographie-dune-discipline-en-reinvention-la-politique-culturelle\/#Statistiques_et_donnees\"><span class=\"toc_number toc_depth_2\">6.1<\/span>\u00a0Statistiques et donn\u00e9es\u00a0:<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<h2><span id=\"I_Des_politiques_culturelles_nationales_en_mutation\"><strong>I \u2013 Des politiques culturelles nationales en mutation<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A peine \u00e9tait-elle imagin\u00e9e comme champ d\u2019intervention, d\u00e9finie comme discipline ou rattach\u00e9e \u00e0 un secteur d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 part enti\u00e8re, la politique culturelle s\u2019est donc trouv\u00e9 affect\u00e9 par des transformations aussi majeures que rapides. Avant m\u00eame la grande \u00ab disruption \u00bb du num\u00e9rique et d\u2019Internet dans le secteur culturel, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990 (Martel, 2014), la culture a \u00e9t\u00e9 transfigur\u00e9e par le d\u00e9veloppement des industries culturelles et cr\u00e9atives, la mondialisation des contenus, le \u00ab soft power \u00bb, alors m\u00eame que de nombreuses \u00e9tudes sugg\u00e9raient d\u00e9j\u00e0 les \u00ab rat\u00e9s \u00bb de ces jeunes politiques culturelles en terme de pratiques, de participation et d\u2019\u00e9ducation artistique.<\/p>\n<p>L\u2019articulation entre l\u2019\u00c9tat, le secteur \u00e0 but non lucratif et le march\u00e9 fut \u2013 et demeure \u2013 un th\u00e8me central de la r\u00e9flexion sur la politique culturelle, parfois nourri par les travaux majeurs des philosophes (Nussbaum, 2010 ; Sandel, 2012). Le \u00ab bon \u00bb niveau d\u2019intervention publique (F\u00e9d\u00e9ral, \u00c9tat, R\u00e9gions, D\u00e9partements, Counties, Villes etc.) fait l\u2019objet de nombreux travaux (Rosenstein, 2018), de m\u00eame que la d\u00e9finition des missions pr\u00e9cises de l\u2019\u00c9tat : financement et subventions, fiscalit\u00e9 et d\u00e9duction fiscale, r\u00e9gulation et certification, ou simple \u00e9valuation.<\/p>\n<p>L\u2019av\u00e8nement d\u2019une dimension \u00ab industrielle \u00bb dans le champ culturel est ancien (Starr, 2004) et il a fait l\u2019objet de critiques d\u00e8s ses origines. L\u2019\u00c9cole de Francfort, par exemple, qui a d\u00e9fini l\u2019expression \u00ab industrie culturelle \u00bb (<em>kulturindustrie)<\/em>, qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e9raient \u00e0 celle de \u00ab\u00a0culture de masse\u00a0\u00bb, en a propos\u00e9 une critique radicale (Adorno\/Horkheimer,\u00a01947 ; Adorno\/Horkheimer,\u00a01972\u00a0; Benjamin, 1935\u00a0; Throsby, 2001). En \u00e9tant produite \u00e0 grande \u00e9chelle, et de mani\u00e8re industrielle, la culture aurait perdu son \u00ab\u00a0aura\u00a0\u00bb \u2013 cette argumentation forte a contribu\u00e9 \u00e0 s\u00e9parer durablement le monde de l\u2019art de celui de l\u2019\u00e9conomie, du moins en Europe o\u00f9 cette distinction a fait \u00e9cole, notamment face \u00e0 l\u2019industrie am\u00e9ricaine du divertissement. Ce d\u00e9bat complexe est venu se superposer \u00e0 celui opposant la politique culturelle publique du march\u00e9, celle-ci \u00e9tant assimil\u00e9e abusivement \u00e0 l\u2019entertainment ou \u00e0 la culture de masse, celle-l\u00e0 \u00e0 l\u2019art (Pratt, 2009). Cette mani\u00e8re de penser n\u2019est plus pertinente aujourd\u2019hui quand les dimensions \u00e9conomiques des domaines de l\u2019art, y compris les arts visuels et le spectacle vivant, sont mieux connues, alors que les dimensions artistiques des industries culturelles sont valoris\u00e9es \u2013 et, ce faisant, les deux domaines se rejoignent. Et forment un secteur culturel \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Relues \u00e0 l\u2019aune de l\u2019histoire de la culture de masse depuis la guerre, de l\u2019influence du cin\u00e9ma am\u00e9ricain et des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et culturelles contemporaines, ces analyses post-marxistes, ancr\u00e9es dans les d\u00e9bats anti-totalitaires des ann\u00e9es 1940 et 1950, frappent aujourd\u2019hui autant \u00ab\u00a0par la force de leurs intuitions que par leur myopie\u00a0\u00bb (Traverso, 2012). Si elles demeurent int\u00e9ressantes pour l\u2019\u00e9poque, elles t\u00e9moignent d\u2019un aveuglement id\u00e9ologique et, en fin de compte, d\u2019un conservatisme, par exemple sur le jazz (Adorno, 1932\u00a0; Adorno, 1936), la photographie (Pratt, 2009) ou le cin\u00e9ma (De Baeque\/Chevallier, 2012).<\/p>\n<p>Les critiques d\u2019Adorno, Horkheimer ou Benjamin furent en tout cas pr\u00e9monitoires. Depuis les ann\u00e9es 1970, les travaux sur les industries cr\u00e9atives et culturelles se sont multipli\u00e9s : ils attestent de la mont\u00e9e en puissance des conglom\u00e9rats m\u00e9dias et d\u2019entertainment et, dans le cas am\u00e9ricain, de leur tendance h\u00e9g\u00e9monique. De nombreux chercheurs ont su analyser les nouvelles caract\u00e9ristiques de ces industries de contenus, d\u2019une mani\u00e8re globale (Auletta, 1997 ; Caves, 2000 ; Throsby, 2001) ou selon les secteurs concern\u00e9s : dans le cin\u00e9ma (Balio, 1986 ; Epstein, 2005 ; Stewart, 2005 ; Price, 2008 ; Epstein, 2010), la musique (Dannen, 1991 ; Rossman, 2012), la t\u00e9l\u00e9vision (Blumenthal\/Goodenough, 2006 ; Edgerton\/Jones, 2008), comme dans l\u2019\u00e9dition (Epstein, 2001 ; Borsuk, 2018) et m\u00eame le spectacle vivant et le th\u00e9\u00e2tre commercial (Baumol\/Bowen, 1966 ; Rich, 1998).<\/p>\n<p>Avant m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Internet, ces chercheurs ont tent\u00e9 de d\u00e9crire des industries qui n\u2019avaient plus rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e2ge d\u2019or des \u00ab studios \u00bb ou des \u00ab majors \u00bb du disque. Ainsi de la globalisation de la culture (Miller\/Govil\/McMurria\/Maxwell, 2001), de l\u2019importance de l\u2019innovation (Pratt, 2009), du r\u00f4le du \u00ab prototype \u00bb qui distingue les industries de contenus des autres industries (Peters, 2016), de la centralit\u00e9 du \u00ab content \u00bb et de la valeur que repr\u00e9sente le copyright (Caves, 2000), de l\u2019imp\u00e9ratif de r\u00e9gulation (Einstein, 2004 ; Rosenstein, 2019), de la mont\u00e9e en puissance du ph\u00e9nom\u00e8ne des blockbusters (Shone, 2004 ; Stewart, 2005) ou encore de l\u2019att\u00e9nuation du \u00ab star system \u00bb classique avec le r\u00f4le accru des agences de talent (Epstein, 2010). En s\u2019int\u00e9ressant au fonctionnement des \u00ab majors \u00bb de la musique, des \u00ab studios \u00bb de cin\u00e9ma ou de jeux vid\u00e9o, des groupes \u00e9ditoriaux et plus g\u00e9n\u00e9ralement des conglom\u00e9rats m\u00e9dias, ces chercheurs ont d\u00e9crit la nouvelle organisation des industries de contenus entre structures capitalistes dominantes et structures satellites \u2013 \u00ab imprints \u00bb, \u00ab labels \u00bb ou \u00ab specialized units \u00bb \u2013 tr\u00e8s autonomis\u00e9es voire ind\u00e9pendantes (Balio, 1986 ; Auletta, 1997 ; Biskind, 1998 ; Pratt, 2009 ; Martel, 2010). Pour une large part, les d\u00e9tenteurs des moyens de production, ces g\u00e9ants qui poss\u00e8dent ces industries de contenu, n\u2019ont aujourd\u2019hui qu\u2019une influence limit\u00e9e sur les contenus produits. Ils sont devenus des banques qui s\u2019int\u00e9ressent aux r\u00e9sultats financiers pus qu\u2019au \u00ab content \u00bb. Les \u00ab studios \u00bb ne sont plus centralis\u00e9s (comme \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or d\u2019Hollywood) mais battis sur un \u00ab mode projet \u00bb, d\u00e9centralis\u00e9s, comme le confirment par exemple les relations entre le japonais Sony et son studio Sony Pictures ou le fran\u00e7ais Universal et sa branche musicale am\u00e9ricaine \u2013 une \u00ab d\u00e9liaison \u00bb qui vient contredire une partie des postulats de l\u2019\u00c9cole de Francfort (Pratt, 2009 ; Martel, 2010). Enfin, dans la lign\u00e9e de la \u00ab nouvelle vague \u00bb et des\u00a0<em>Cahiers du cin\u00e9ma<\/em>\u00a0en France d\u00e8s les ann\u00e9es 1950, de nombreux chercheurs, \u00e0 rebours des jugements pessimistes des auteurs de l\u2019\u00c9cole de Francfort et d\u2019une partie importante de l\u2019\u00e9lite europ\u00e9enne, ont montr\u00e9 l\u2019ind\u00e9niable cr\u00e9ativit\u00e9, la spectaculaire innovation et le projet artistique de ces industries de contenus contemporaines (Johnson, 2005\u00a0; Martel, 2010). Et, ce faisant, ils ont \u00e9galement montr\u00e9 le rapport original que ces industries entretiennent avec le secteur \u00e0 but non lucratif am\u00e9ricain, et notamment l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me universitaire (UCLA, USC, Tisch School\/NYU, CalArts etc).<\/p>\n<p>Ces travaux sont particuli\u00e8rement nombreux sur les industries de contenus aux \u00c9tats-Unis, mais ils existent \u00e9galement dans de nombreux pays, comme par exemple en Inde (Bose, 2007 ; Grimaud, 2003), au Japon (Iwabuchi, 2002), en Chine (Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019), en Cor\u00e9e (Hong, 2014), au Royaume-Uni et en Australie (Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019), aux Pays-Bas (Compendium of Cultural Policies &amp; Trends) ou encore en Suisse (Gerig\/Sondermann\/Weckerle, 2008) ce qui pourrait confirmer des tendances globales. En d\u00e9finitive, les critiques d\u2019Adorno et Horkheimer portaient sur un mod\u00e8le d\u2019 \u00ab industrie culturelle \u00bb qui n\u2019existe plus aujourd\u2019hui, ni aux \u00c9tats-Unis, ni dans la plupart des pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cette mont\u00e9e en puissance des industries culturelles et cr\u00e9atives, de nouveaux travaux se sont attach\u00e9s \u00e0 \u00e9tudier l\u2019impact de ce secteur dans l\u2019\u00e9conomie g\u00e9n\u00e9rale et son influence internationale. Pour discutables qu\u2019ils puissent \u00eatre \u2013 et ils furent d\u2019ailleurs critiqu\u00e9s \u2013, les ouvrages de Richard Florida sur la \u00ab creative class \u00bb ont eu le m\u00e9rite de montrer l\u2019importance de la \u00ab culture \u00bb et des industries cr\u00e9atives dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et la vitalit\u00e9 des villes am\u00e9ricaines (Florida, 2002) ou au niveau europ\u00e9en (Taylor\/Davies\/Wells\/Gilbertson\/Tayleur, 2015) ou international (Florida, 2005 ; Glaeser, 2012). Aujourd\u2019hui, les maires des grandes villes globalis\u00e9es et les gouvernements de nombreux pays (et jusqu\u2019\u00e0 Xi Jinping en Chine) pensent la culture en terme d\u2019attractivit\u00e9, de tourisme et d\u2019influence, c\u2019est \u00e0 dire en termes de diplomatie culturelle et donc de \u00ab soft power \u00bb. A l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique, ces travaux seront approfondis par toute une g\u00e9n\u00e9ration de chercheurs sur les \u00ab smart cities \u00bb et les \u00ab villes cr\u00e9atives \u00bb.<\/p>\n<p>On doit \u00e0 l\u2019universitaire et ancien ministre am\u00e9ricain Joseph Nye d\u2019avoir imagin\u00e9 le concept de \u00ab soft power \u00bb, appel\u00e9 \u00e0 un bel avenir (Nye, 2004). Cette id\u00e9e n\u00e9o-gramscienne sera \u00e9largie par la suite autour du \u00ab smart power \u00bb, \u00e0 la fois pour tenir compte de la question d\u2019Internet, et pour affiner une analyse qui compte \u00e0 la fois des \u00e9l\u00e9ments d\u2019influence \u00ab soft \u00bb mais aussi, parfois, et entrem\u00eal\u00e9s, certaines dimensions de contrainte \u00ab hard \u00bb (Nye, 2011). Dans la lign\u00e9e de ces travaux, certains auteurs ont pu prolonger la r\u00e9flexion dans une perspective de diplomatie culturelle (Weckerle, 1999 ; Henze\/Wolfram, 2014 ; Ang\/Raj Isar, 2016 ; Fregonese, 2019) ou de diplomatie tout court (Zakaria, 2008 ; Khanna, 2008 ; Power, 2019). En fin de compte, qu\u2019elle soit infra-locale ou globale, la politique culturelle existe \u00e0 toutes les \u00e9chelles.<\/p>\n<p>L\u2019investissement massif dans la culture depuis les ann\u00e9es 1980, tant par les gouvernements (comme par exemple en France) ou par les philanthropes et le secteur \u00e0 but non lucratif gr\u00e2ce \u00e0 des d\u00e9ductions fiscales consenties par l\u2019\u00c9tat (par exemple aux \u00c9tats-Unis), ne s\u2019est toutefois pas traduit par une am\u00e9lioration d\u00e9cisive des pratiques culturelles sur la m\u00eame p\u00e9riode. D\u00e8s les ann\u00e9es 1960, des travaux majeurs avaient montr\u00e9 les difficult\u00e9s de la t\u00e2che (Bourdieu, 1964 ; Bourdieu, 1979), lesquels ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s depuis par les \u00e9tudes sur les pratiques culturelles tant en France (Donnat, 2009), en Europe (Weckerle, 1994 ; Falk\/Katz-Gero, 2016 ; Katz-Gero, 2017 ; KEA, 2019) qu\u2019aux \u00c9tats-Unis (Martel, 2006 ; Novak-Leonard\/Reynolds\/English\/Bradburn, 2015 ; Rosenstein, 2019). Certains auteurs, qui se sont nourris des discussions plus g\u00e9n\u00e9rales sur l\u2019efficacit\u00e9 des politiques publiques (Osborne\/Gaebler, 1992), ont pu analyser \u00e0 cette aune le secteur culturel (Urfalino, 1996 ; Grand, 2016).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, apr\u00e8s ce constat d\u2019\u00e9chec, une partie des r\u00e9flexions sur les politiques culturelles se sont finalement attach\u00e9es \u00e0 repenser la question au point de d\u00e9part\u00a0: l\u2019\u00e9ducation. Les travaux sont nombreux dans ce domaine de l\u2019\u00e9ducation artistique et de la \u00ab\u00a0participation\u00a0\u00bb, que ce soit en fonction de l\u2019\u00e2ge ou des milieux sociaux, ou en termes de pratiques amateurs ou d\u2019 \u00ab\u00a0outreach\u00a0\u00bb. Un important d\u00e9fi pour le futur sera le d\u00e9veloppement de formations et de curriculum universitaires pour former les professionnels de l\u2019\u00e9ducation artistique et pour repenser les mod\u00e8les d\u2019enseignement de la culture en interraction avec les \u00e9volutions du secteur culturel, ses politiques et les mod\u00e8les \u00e9conomiques des artistes. Un autre d\u00e9fi sera celui des pratiques amateurs et de ce qu\u2019on appelle aux \u00c9tats-Unis \u00ab\u00a0social practices\u00a0\u00bb et ailleurs \u00ab\u00a0art participatif\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0art collaboratif\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0collective art practices\u00a0\u00bb (Bourriaud, 1998\u00a0; Kester 2011\u00a0; Jackson, 2011\u00a0; Bishop, 2012). Un aggiornamento para\u00eet ici in\u00e9vitable surtout depuis l\u2019av\u00e8nement d\u2019Internet.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span id=\"II_Les_politiques_culturelles_a_lage_numerique\"><strong>II \u2013 Les politiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique<\/strong><\/span><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Dire que la culture a connu une importante \u00ab\u00a0disruption\u00a0\u00bb du fait du num\u00e9rique depuis les ann\u00e9es 2000 serait un euph\u00e9misme. Tous les secteurs de la culture ont \u00e9t\u00e9, \u00e0 des degr\u00e9s divers, transform\u00e9s par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Internet. Cette mutation fondamentale concerne tant les modes de production que les modes de diffusion, de communication et de marketing de la culture, mais aussi les pratiques du public, sa capacit\u00e9 d\u2019attention et la concurrence sur son temps de loisir disponible, ou encore le jugement des critiques \u2013 et jusqu\u2019au futur des institution artistiques qui semblaient les moins susceptibles d\u2019\u00eatre affect\u00e9es par la transition num\u00e9rique comme les mus\u00e9es ou les ballets (Giridharadas, 2014\u00a0; Lohr, 2014). Il s\u2019agit d\u2019une transformation radicale, sans doute la plus importante qu\u2019ait connu l\u2019art et la culture depuis leur \u00ab\u00a0reproductibilit\u00e9\u00a0technique \u00bb (Negroponte, 1995\u00a0; Bauman, 2002\u00a0; Schmidt\/Cohen, 2013). Ce qui est nouveau\u00a0: l\u2019obsolescence d\u2019une approche nationale ou seulement publique de la culture d\u2019une part\u00a0; la multiplication des liens qu\u2019entretient la culture avec les pratiques \u00e9conomiques et le march\u00e9 d\u2019autre part\u00a0; et enfin le renforcement des deux ph\u00e9nom\u00e8nes pr\u00e9c\u00e9dents par la transition num\u00e9rique (Martel, 2014). Voici le monde dans lequel nous entrons.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 2000, la politique culturelle connait donc dans la plupart des pays occidentaux une m\u00e9tamorphose, bien que ses acteurs aient durablement h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 se remettre en cause ou que les chercheurs aient tard\u00e9 \u00e0 proposer des mod\u00e8les alternatifs. Pourquoi ? Pour une large part, l\u2019id\u00e9e qui a longtemps pr\u00e9valu chez les responsables des politiques culturelles publiques, dans les fondations ou m\u00eame dans le secteur des industries culturelles et les m\u00e9dias, \u00e9tait une m\u00e9fiance, sinon un rejet, du num\u00e9rique. On a d\u2019abord voulu croire que ce serait une mutation passag\u00e8re, ou qui ne serait pour la culture qu\u2019un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne. Puis, \u00e0 mesure que la transition num\u00e9rique s\u2019affirmait et s\u2019intallait dans la dur\u00e9e, l\u2019enjeu fut de contr\u00f4ler ou de r\u00e9guler Internet pour \u00ab prot\u00e9ger \u00bb la culture. Et ainsi, certaines industries \u2013 en tout premier lieu la musique \u2013 ont perdu de pr\u00e9cieuses ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Si ces attitudes de m\u00e9fiance ou de rejet restent encore pr\u00e9gnantes aujourd\u2019hui, des pans entiers de la culture ont fait leur mue num\u00e9rique et de nombreux acteurs, souvent plus jeunes, ont d\u00e9fendu des positions positives vis-\u00e0-vis d\u2019Internet. Le web a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 en termes d\u2019opportunit\u00e9s, non plus seulement en terme de menaces. On assiste m\u00eame depuis \u00e0 des tentatives de \u00ab\u00a0refondation\u00a0\u00bb de la politique publique pour tenir compte du num\u00e9rique (Lescure, 2013\u00a0; Davies, 2016c) m\u00eame si, pour l\u2019heure, les nouveaux mod\u00e8les stables tardent \u00e0 \u00e9merger et \u00e0 \u00eatre d\u00e9finis.<\/p>\n<p>Il est donc int\u00e9ressant de passer ici en revue les principaux travaux publi\u00e9s sur la question num\u00e9rique, d\u00e8s lors qu\u2019ils ont un rapport avec les politiques culturelles, et, dans ce champ tr\u00e8s vaste en transformation, de tenter d\u2019en faire appara\u00eetre des lignes directrices.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Aux_origines_dInternet\"><em>Aux origines d\u2019Internet<\/em><\/span><\/h3>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, il est int\u00e9ressant de signaler que plusieurs travaux qui s\u2019inscrivent dans une perspective historique et retracent la naissance d\u2019Internet, ou de ses acteurs, ont insist\u00e9 sur l\u2019importance et l\u2019influence de l\u2019art et de la culture dans cette innovation majeure. Cette dimension peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e sous deux angles : en retra\u00e7ant les innovations digitales qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es par des figures contre-culturelles, par exemple les hippies dans la Silicon Valley et en d\u00e9crivant celles qui ont \u00e9t\u00e9 faites par des \u00ab cr\u00e9atifs \u00bb autant que par des scientifiques (Levy, 1984 ; Himanen, 2001 ; Turner, 2006 ; Blais\/Ippolito, 2006 ; Martel, 2014).<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame veine, plusieurs travaux ont montr\u00e9 le r\u00f4le de la politique publique dans la gen\u00e8se de la r\u00e9volution num\u00e9rique, que ce soit par le biais de financements directs ou indirects, via les universit\u00e9s de recherche (Brand, 1987 ; Etzkowitz, 2002 ; Moss, 2011 ; Mazzucato, 2013 ; Martel, 2014). L\u2019imbrication avec les t\u00e9l\u00e9communications a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e (Blum, 2012). Enfin, l\u2019\u00e9thique hacker, qui s\u2019est construite en opposition \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9thique protestante du capitalisme \u00bb, a fait l\u2019objet de travaux int\u00e9ressants (Himanen, 2001 ; Lallement, 2015).<\/p>\n<p>Plus largement, certains chercheurs ont mis en \u00e9vidence le fait que l\u2019innovation et la cr\u00e9ativit\u00e9 \u00e9taient au c\u0153ur du processus num\u00e9rique ou du d\u00e9veloppement des services digitaux, ce qui le rapprochait donc de la culture au sens large. Pour toutes ces raisons, le secteur du num\u00e9rique et les acteurs de l\u2019Internet ont \u00e9t\u00e9 peu \u00e0 peu assimil\u00e9s au domaine des \u00ab industries culturelles et cr\u00e9atives \u00bb (ICC) et ses acteurs int\u00e9gr\u00e9s au c\u0153ur m\u00eame de la \u00ab classe cr\u00e9ative \u00bb (Florida, 2005 ; Blais\/Ippolito, 2006). On comprend mieux de ce fait comment les termes du d\u00e9bat ont chang\u00e9 et sont pass\u00e9s, dans les discours et les politiques publiques depuis les ann\u00e9es 1960, d\u2019une discussion ax\u00e9e sur l\u2019art \u00e0 une discussion centr\u00e9e sur les industries culturelles, avant de l\u2019\u00eatre dans les ann\u00e9es 1990 sur \u00ab les industries cr\u00e9atives \u00bb et enfin, dans les ann\u00e9es 2000, sur \u00ab l\u2019\u00e9conomie cr\u00e9ative \u00bb (Throsby, 2001 ; Pratt, 2009 ; Policy Research Group, 2013).<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><span id=\"Les_conditions_de_production\"><em>Les conditions de production<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une partie int\u00e9ressante des travaux publi\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es concerne l\u2019analyse de la grande transformation de la production du \u00ab content \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique. Hier, les contenus culturels \u00e9taient des \u00ab produits culturels \u00bb (cultural goods) ; en l\u2019espace de deux d\u00e9cennies, ils sont devenus des flux, des streams, des formats, des services, du \u00ab content \u00bb. Ce passage des produits physiques aux services immat\u00e9riels est une mutation consid\u00e9rable (Epstein, 2010 ; Martel, 2014). Ce faisant, en passant des industries aux services, il a \u00e9galement impos\u00e9 une \u00e9volution des concepts : des \u00ab industries cr\u00e9atives \u00bb \u00e0 l\u2019 \u00ab \u00e9conomie cr\u00e9ative \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des processus de production des industries culturelles et cr\u00e9atives, qui int\u00e8grent d\u00e9sormais le secteur num\u00e9rique, s\u2019en est trouv\u00e9 fortement renouvel\u00e9e. R\u00e9apparaissent dans ce processus de production des \u00e9l\u00e9ments propres aux industries cr\u00e9atives en g\u00e9n\u00e9ral (exp\u00e9rimentation, R&amp;D, prototype, prise de risque, importance du \u00ab content \u00bb, articulation major\/start-up, fonctionnement en projets, \u00e9conomie du copyright etc.). Mais de nouveaux aspects ont \u00e9t\u00e9 agr\u00e9g\u00e9s, comme le mode d\u2019organisation en start-up, le droit \u00e0 l\u2019\u00e9chec, la socialit\u00e9, la scalabilit\u00e9, la participation, le crowdfunding, la customization, la s\u00e9rendipit\u00e9, la neutralit\u00e9 du web, l\u2019open source, les pures-players etc. (Martel, 2014). Une importante litt\u00e9rature existe sur cette mutation d\u00e9cisive, bien qu\u2019elle ait eu tendance, du fait de sa nouveaut\u00e9, \u00e0 se diffuser d\u2019abord sous la forme d\u2019\u00e9tudes, de rapports officiels ou d\u2019articles acad\u00e9miques plus que d\u2019ouvrages (Jallet, 2017 ; Berger, 2018).<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, les dynamiques de ce secteur capitalistique ont fait \u00e9galement l\u2019objet de critiques, en particulier dans la dimension h\u00e9g\u00e9monique des GAFA. Leur puissance reste d\u2019ailleurs sous-estim\u00e9e, comme le montre par exemple Amazon\u00a0dont l\u2019h\u00e9g\u00e9monie se situe moins dans son r\u00e9seau de distribution physique, pourtant d\u00e9j\u00e0 impressionnant, que dans son \u00ab\u00a0cloud\u00a0\u00bb d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9 \u2013 un mot que la soci\u00e9t\u00e9 de Jeff Bezos a contribu\u00e9 \u00e0 populariser en lan\u00e7ant, d\u00e8s 2006, son Elastic Compute Cloud ou EC2. Aujourd\u2019hui, Amazon Web Services, le service de stockage de donn\u00e9es dans plus d\u2019un million de serveurs connect\u00e9s entre eux et en temps r\u00e9el, constitue le premier cloud au monde (Gilder, 2006\u00a0; Kakutani, 2013\u00a0; Stone, 2013). Les particuliers ont acc\u00e8s gratuitement \u00e0 Amazon Cloud Drive pour stocker leurs documents, images, sons et vid\u00e9os (le service est payant au-del\u00e0 de 5 Go). Quant aux professionnels, ils utilisent des capacit\u00e9s de stockage illimit\u00e9es, au point que Netflix et Dropbox, pourtant des concurrents, et m\u00eame le jeu vid\u00e9o Fortnite ou la c\u00e9l\u00e8bre National Security Agency (NSA), ont recours aux serveurs d\u2019Amazon Web Services. A cela, il faut bien s\u00fbr ajouter les activit\u00e9s de distribution culturelle num\u00e9rique (Amazon Prime, Amazon Music Unlimited, Kindle), celles de \u00ab\u00a0market place\u00a0\u00bb qui agr\u00e8gent des millions de vendeurs ind\u00e9pendants (par exemple pour les livres de seconde main) et la production de contenus propres (auto-\u00e9dition, s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es etc.), toutes choses qui donnent \u00e0 Amazon un avantage concurrentiel important dans le domaine culturel. Les abus de position dominante sont in\u00e9vitables avec une telle h\u00e9g\u00e9monie \u2013 et d\u2019ailleurs actuellement scrut\u00e9s ou d\u00e9j\u00e0 sanctionn\u00e9s par des r\u00e9gulateurs am\u00e9ricains ou europ\u00e9ens. En fin de compte, ces infrastructures spectaculaires d\u2019Amazon, combin\u00e9es \u00e0 celles de Google, Apple ou Microsoft, accompagnent l\u2019av\u00e8nement de la culture d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e\u00a0: non plus l\u2019achat de \u00ab produits \u00bb culturels mais le seul usage de \u00ab\u00a0services\u00a0\u00bb par abonnement illimit\u00e9 via le cloud.<\/p>\n<p>Certains auteurs ont tent\u00e9 une critique d\u2019ensemble des industries culturelles comme \u00ab\u00a0marchandises\u00a0\u00bb, parfois avec une certaine artificialit\u00e9 (Boltanski\/Chiapello, 1999\u00a0; Boltanski\/Esquerre, 2019)\u00a0: si ces ouvrages ont eu le m\u00e9rite de tenter de saisir les \u00ab\u00a0nouvelles formes du capitalisme\u00a0\u00bb et d\u2019en renouveler la critique, \u00ab\u00a0critique artiste\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0critique sociale\u00a0\u00bb m\u00eal\u00e9es, elles ne s\u2019appuyaient pas n\u00e9cessairement sur une connaissance fine des subtilit\u00e9s des secteurs cr\u00e9atifs \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Les_pratiques\"><em>Les pratiques<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>S\u2019agissant des pratiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique, celles-ci ont connu depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 une transformation profonde dont on peine, encore aujourd\u2019hui, \u00e0 mesurer tous les effets \u2013 et ce d\u2019autant plus que nous sommes encore au c\u0153ur de cette longue disruption.<\/p>\n<p>De nouvelles tendances ont \u00e9merg\u00e9 dans les pratiques de consommation culturelle, parmi lesquelles on peut signaler, sans chercher \u00e0 \u00eatre exhaustif, celles qui s\u2019appuient sur de nouveaux usages (la participation, le collaboratif, le multitasking, les \u00e9changes peer to peer, le binge watching, la playlist, la viralit\u00e9), celles qui b\u00e9n\u00e9ficient de nouvelles technologies (le streaming, l\u2019OTT, le replay, le podcast et l\u2019\u00e9coute \u00e0 la demande), celles, enfin, qui s\u2019\u00e9laborent \u00e0 partir de nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques (l\u2019abonnement illimit\u00e9) \u2013 bien qu\u2019il soit encore difficile de dire si ces tendances vont \u00eatre transitoires ou plus p\u00e9rennes. (Activate Technology &amp; Media Outlook, 2020, pr\u00e9dit une forte progression du streaming et des abonnements illimit\u00e9s).<\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions affectent les artistes, le public mais \u00e9galement les \u00e9tablissements culturels qui se sont eux-m\u00eames lanc\u00e9s de leur c\u00f4t\u00e9, dans une transformation \u00e0 l\u2019heure digitale : par exemple la San Francisco Symphony a fait pr\u00e9coc\u00e9ment du num\u00e9rique sa priorit\u00e9 avec une plateforme d\u00e9di\u00e9e, des podcasts, des concerts online, une cha\u00eene YouTube, un MOOC, une web-radio, des jeux vid\u00e9o, un site exp\u00e9rimental \u00e0 vis\u00e9e p\u00e9dagogique (sorte de Khan Academy pour la musique classique) et, bien s\u00fbr, un chef d\u2019orchestre, le communicatif Michael Tilson Thomas, qui est omnipr\u00e9sent sur les r\u00e9seaux sociaux. De nombreux autres exemples existent, depuis la \u00ab\u00a0timeline\u00a0\u00bb active de l\u2019histoire de l\u2019art du MET jusqu\u2019aux plateformes d\u2019\u00e9ducation artistique pour les \u00e9coles du Chicago Symphony Orchestra. Dans tous les cas, les institutions culturelles tentent d\u2019engager une \u00ab\u00a0conversation \u00bb avec leurs publics (Levere, 2015\u00a0; Giridharadas, 2014).<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les consommateurs traditionnellement passifs sont devenus plus actifs : ils \u00ab participent \u00bb, r\u00e9agissent et commentent sur les r\u00e9seaux sociaux, aiment tel ou tel contenu \u2013 ou pas (Peters, 2016). Ils partagent m\u00eame du \u00ab content \u00bb massivement, parfois en marge de la l\u00e9galit\u00e9 (Peters, 2016). Le \u00ab multitasking \u00bb est un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9galement bien \u00e9tudi\u00e9 (Activate Technology &amp; Media Outlook, 2020). On sait \u00e9galement que les plus gros consommateurs de culture en ligne, ceux que certaines soci\u00e9t\u00e9s de conseils appellent les \u00ab Super Users \u00bb, et qui sont souvent les plus jeunes, les plus \u00e9duqu\u00e9s et qui appartiennent \u00e0 des cat\u00e9gories sociales \u00e9lev\u00e9es, se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre aussi ceux qui sortent le plus fr\u00e9quemment \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements \u00ab live \u00bb \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ; particuli\u00e8rement loyaux, ils sont encore les plus susceptibles de faire des dons aux artistes qu\u2019ils aiment (Activate Technology &amp; Media Outlook, 2020).<\/p>\n<p>Le streaming, qui a \u00e9t\u00e9 rendu possible par la connexion permanente des ordinateurs, des tablettes et des smart-phones, par le d\u00e9veloppement de \u00ab clouds \u00bb de plus en plus puissants, rapides et de moins en moins chers, et par l\u2019augmentation des d\u00e9bits avec l\u2019av\u00e8nement de la 3G, la 4G et bient\u00f4t la 5G, semble appel\u00e9 \u00e0 s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e (Peters, 2016 ; Ruparelia, 2016). Son corollaire, l\u2019abonnement payant illimit\u00e9, popularis\u00e9 dans la musique par Spotify (ainsi que par Deezer, Tidal, Apple Music, Amazon Music Unlimited, Qobuz et dans une moindre mesure Pandora), dans le secteur du cin\u00e9ma et de la t\u00e9l\u00e9vision par Netflix, et d\u00e9sormais dans le jeu vid\u00e9o (Twitch, Stadia, abonnements PlayStation ou Xbox, et maintenant Apple et Google) ou le livre (Amazon Prime, Scribd ou Oyster), constitue une mutation \u00e9galement majeure (Wu, 2013 ; Keating, 2013 ; Auletta, 2014). Face \u00e0 Netflix, les principaux conglom\u00e9rats de l\u2019entertainement s\u2019organisent et devraient disposer d\u2019offres propres rapidement : Disney+ vient d\u2019\u00eatre lanc\u00e9, incluant certains programmes du network ABC ; une plateforme HBO Max sera lanc\u00e9e (en prolongement de HBO Now) ; un autre projet existe au sein du groupe Warner Media appartenant \u00e0 AT&amp;T, qui inclut les r\u00e9seaux CNN, CW, et donc HBO, ainsi que le studio Warner Bros ; une nouvelle plateforme est en projet chez Paramount\/CBS (en prolongement de CBS All Access) ; de m\u00eame, un projet connu sous le nom de Peacock est en finalisation chez NBC-Universal ; enfin, il n\u2019est pas \u00e0 exclure, que le japonais Sony (Sony Pictures, Sony Music, Columbia etc.) d\u00e9veloppe son service, bien qu\u2019il ne dispose pas de network t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 aux \u00c9tats-Unis. En terme de pratiques, il demeure une interrogation sur la capacit\u00e9 des m\u00e9nages \u00e0 multiplier les abonnements \u00e0 ces services \u00ab verticaux \u00bb si les contenus ne sont disponibles que sur une plateforme d\u00e9di\u00e9e. Certains analystes pr\u00e9disent que la SVoD se d\u00e9veloppera parall\u00e8lement \u00e0 des services moins ambitieux et qui s\u2019appuyeront sur la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la musique, l\u2019offre reste au contraire \u00ab horizontale \u00bb (Spotify, Apple Music, Deezer), les majors n\u2019ayant pas r\u00e9ussi \u00e0 imposer leurs \u00ab verticales \u00bb. On peut \u00e9galement noter, dans ce secteur, et contrairement au cin\u00e9ma ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, la place singuli\u00e8re des GAFA : Apple Music, Google Play Music, YouTube Premium et Amazon Music Illimited ont une importante part de march\u00e9 dans le secteur, mais le leader reste l\u2019europ\u00e9en Spotify, alors que les \u00ab ind\u00e9pendants \u00bb n\u2019arrivent pas \u00e0 s\u2019imposer (Pandora, Qobuz et Tidal sont en difficult\u00e9s ; SoundCloud est dynamique mais reste sur un march\u00e9 de niche).<\/p>\n<p>Dans tous les cas se pose la question des monopoles, bien qu\u2019on puisse distinguer de \u00ab\u00a0bons\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0mauvais\u00a0\u00bb monopoles\u00a0: Netflix ou Spotify ont le projet d\u2019offrir tous les contenus, ind\u00e9pendamment des studios ou des majors qui les produisent\u00a0; Disney veut cr\u00e9er un environnement ferm\u00e9\u00a0; les GAFA luttent contre toute concurrence pour des raisons li\u00e9es, en partie, au retour d\u2019investissement de leur actionnariat.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9coute \u00e0 la demande (d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9e) est un autre ph\u00e9nom\u00e8ne transversal, que ce soit pour la t\u00e9l\u00e9vision ou la radio : le replay et le podcast s\u2019imposent, sauf pour les grands \u00e9v\u00e8nements \u00ab live \u00bb (sport, The Voice, Academy Awards, Arab Idol etc.) ou malgr\u00e9 quelques rares contre-exemples (plateforme Pluto.tv de Viacom). L\u2019importance prise par les playlists dans le secteur de la musique illimit\u00e9e, qui remplacent l\u2019album et les LP\/EP de l\u2019\u00e9poque, est \u00e9galement int\u00e9ressante. En revanche, la sortie en une seule fois de la saison enti\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mod\u00e8le exp\u00e9riment\u00e9 par Netflix \u00e0 ses d\u00e9buts, et qui a favoris\u00e9 le \u00ab binge watching \u00bb, est contredit par d\u2019autres strat\u00e9gies. Ainsi, le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0<em>Games of Thrones<\/em>, avec une sortie diff\u00e9r\u00e9e de chaque \u00e9pisode et un succ\u00e8s au long cours, appara\u00eet comme un autre mod\u00e8le \u00e9conomique pour fid\u00e9liser le public sur des offres d\u2019abonnements illimit\u00e9es en streaming.<\/p>\n<p>En fin de compte, Internet et les r\u00e9seaux sociaux contribuent \u00e0 modifier la hi\u00e9rarchie culturelle, parfois renvers\u00e9e\u00a0<em>upside-down<\/em>\u00a0par le num\u00e9rique, ou, \u00e0 tout le moins, fragment\u00e9e et individualis\u00e9e \u2013 une sorte de \u00ab\u00a0flexible individualization of taste\u00a0\u00bb (Poprawski, 2015). De nombreux chercheurs ont montr\u00e9 l\u2019att\u00e9nuation de la distinction entre culture populaire et culture de l\u2019\u00e9lite \u2013 une rupture qui aurait eu lieu aux \u00c9tats-Unis entre les lois Johnson sur l\u2019immigration, en 1965, et la d\u00e9cision \u00ab\u00a0Bakke\u00a0\u00bb de la Cour Supr\u00eame autour de la diversit\u00e9 culturelle, en 1978 (Dworkin, 1978\u00a0; Wood, 2003 ; Schuck, 2003\u00a0; Martel, 2006). Depuis, comme une riche bibliographie l\u2019illustre, ce mouvement de fond majeur contribue \u00e0 casser les hi\u00e9rarchies (ou du moins \u00e0 les fragmenter et les d\u00e9multiplier) et, \u00e0 rebours ici encore des id\u00e9es de l\u2019\u00e9cole de Francfort, \u00e0 l\u00e9gitimer toutes les formes d\u2019art en envisageant la dimension artistique d\u2019Hollywood ou de Broadway, mais aussi de toutes les musiques \u2013 disco, \u00e9lectro ou rap inclus \u2013, de la bande dessin\u00e9e, le jeu vid\u00e9o, les mangas, les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, le design (industriel et interactif), l\u2019architectecture et jusqu\u2019aux graffitis et tatouages (Crossick\/Kaszynska, 2016). Il en va de m\u00eame pour tout le secteur de la publicit\u00e9 qui n\u2019est plus cantonn\u00e9 dans le \u00ab\u00a0pay\u00a0\u00bb \u2013 le commerce et les r\u00e9gies \u2013 mais red\u00e9couvre sa part cr\u00e9ative, avec le \u00ab\u00a0own\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0earn\u00a0\u00bb, et remet en son centre la cr\u00e9ation de contenus. Les fronti\u00e8res entre art et entertainment s\u2019\u00e9tiolent. Ce mouvement qui n\u2019est plus gu\u00e8re contredit s\u2019\u00e9tend \u00e9galement aux cultures r\u00e9gionales, \u00e0 certaines formes d\u2019artisanat ou \u00e0 la mode et contribue \u00e0 \u00e9largir continuellement la notion de culture et sa d\u00e9finition.<\/p>\n<p>On peut \u00e9galement faire l\u2019hypoth\u00e8se que le num\u00e9rique parach\u00e8ve cette tendance de fond, rebattant toutes les cartes et brouillant tous les codes. Ici, les fronti\u00e8res entre art et technique s\u2019att\u00e9nuent. D\u00e9sormais, les ing\u00e9nieurs du code, programmeurs de softwares ou cr\u00e9ateurs de jeux vid\u00e9o sont fr\u00e9quemment consid\u00e9r\u00e9s comme artistes (Blais\/Ippolito, 2006). Ainsi, la \u00ab\u00a0culture geek\u00a0\u00bb et l\u2019 \u00ab\u00a0\u00e9thique hacker\u00a0\u00bb apparaissent comme le trait d\u2019union d\u00e9cisif entre l\u2019art et les industries cr\u00e9atives \u2013 \u00e0 la fois ind\u00e9pendants et souvent indissociables de l\u2019industrie digitale, et qui emportent avec eux les derniers r\u00e9sidus de la d\u00e9finition traditionnelle de l\u2019 \u00ab\u00a0art\u00a0\u00bb (Levy, 1984\u00a0; Himanen, 2001\u00a0; Turner, 2006\u00a0; Bradbury\/O\u2019Hara, 2019).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Smart-phone_reseaux_sociaux_et_apps\"><em>Smart-phone, r\u00e9seaux sociaux et apps<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 m\u00eame du num\u00e9rique et d\u2019Internet, une autre transformation majeure du secteur culturel a eu lieu avec l\u2019apparition d\u2019un \u00ab device \u00bb original \u2013 le smart-phone. C\u2019est peu dire que les industries cr\u00e9atives et culturelles ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es depuis dix ans et l\u2019apparition de l\u2019iPhone le 29 juin 2007. Dans la foul\u00e9e, les r\u00e9seaux sociaux se d\u00e9veloppent, les \u00ab apps \u00bb deviennent centrales et la culture appara\u00eet de plus en plus mobile. Comme avec le walk-man et l\u2019iPod, mais avec une puissance d\u00e9cupl\u00e9e, c\u2019est toute sa vie culturelle que l\u2019on transporte d\u00e9sormais avec soi dans son smart-phone.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, dans ce nouveau monde connect\u00e9, on acc\u00e8de \u00e0 Internet principalement par un smart-phone (\u00e0 plus de 60 %) et essentiellement via une \u00ab app \u00bb : chacun d\u2019entre nous dispose en moyenne de 27 \u00ab apps \u00bb sur son t\u00e9l\u00e9phone mais passe en moyenne 80 % de son temps sur seulement cinq d\u2019entre elles \u2013 dont au moins une appartenant \u00e0 Google (Google, Google Maps, Google Play Music, Waze, YouTube) et une autre \u00e0 Facebook (Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp). On constate donc \u00e0 la fois la domination du smart-phone dans l\u2019acc\u00e8s aux contenus Internet et une concentration accrue des acteurs (selon les donn\u00e9es sur les consommateurs am\u00e9ricaines du Wall Street Journal\/Activate Technology &amp; Media Outlook 2016 et 2020).<\/p>\n<p>Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un monde enti\u00e8rement nouveau \u00e0 d\u00e9crypter pour le chercheur. Ses cons\u00e9quences sur la sph\u00e8re culturelle sont tout aussi d\u00e9cisives : certains auteurs se sont concentr\u00e9s sur la question de la popularit\u00e9 et du branding des artistes ou des contenus culturels, sur la communication artistique sur les r\u00e9seaux sociaux ou sur la n\u00e9cessit\u00e9 de bien utiliser les techniques de marketing et d\u2019optimisation de visibilit\u00e9 comme le SEO (Marantz, 2015 ; Jenkins\/Green\/Ford, 2013). D\u2019autres ont mis en lumi\u00e8re les nouvelles pratiques artistiques li\u00e9es aux r\u00e9seaux sociaux (Paumgarten, 2014 ; Newton, 2016), l\u2019usage massif de la culture en mobilit\u00e9 (Activate Technology &amp; Media Outlook, 2020) ou ont montr\u00e9 l\u2019\u00e9mergence des nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques qui en d\u00e9coulent (Abbing, 2002 ; Martel, 2015 ; Erricojan, 2016 ; Davies, 2016b ; Weckerle, 2018 ; Martel, 2018) ; d\u2019autres encore se sont int\u00e9ress\u00e9s au mod\u00e8le de r\u00e9mun\u00e9ration des artistes via le streaming illimit\u00e9 (Erricojan, 2016), \u00e0 la question du payant et de la gratuit\u00e9 (Anderson, 2006 ; Anderson, 2009), \u00e0 la transformation de la t\u00e9l\u00e9vision par les r\u00e9seaux sociaux (Proulx\/Shepatin, 2012), ou encore aux nouvelles interactions qui en d\u00e9coulent (Christakis\/Fowler, 2009).<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><span id=\"La_prescription_et_la_smart_curation\"><em>La prescription et la \u00ab\u00a0smart curation\u00a0\u00bb<\/em><\/span><\/h3>\n<p>La prescription culturelle \u00e9volue \u00e9galement qu\u2019elle s\u2019adresse \u00e0 des consommateurs encore passifs (audience \u00ab lean-back \u00bb) ou plus actifs. Si la fragilisation ou m\u00eame la \u00ab mort \u00bb de la critique culturelle traditionnelle est bien document\u00e9e (Rosenbaum, 2011 ; Widmer\/Kleesattel, 2018), les nouvelles prescriptions sont encore \u00e0 d\u00e9crypter. Les syst\u00e8mes de \u00ab notation \u00bb et de \u00ab likes \u00bb prennent le relais, quoique tr\u00e8s imparfaitement. Le fait que ces recommendations \u2013 et toute discussion critique sur la valeur d\u2019une \u0153uvre \u2013 soient d\u00e9sormais globales est une autre \u00e9volution aux cons\u00e9quences significatives (Martel, 2014).<\/p>\n<p>Dans une perspective critique, on peut noter la multiplication des travaux sur les algorithmes qui ne sont pas n\u00e9cessairement agnostiques, contrairement \u00e0 ce que leurs programmateurs peuvent parfois pr\u00e9tendre (Cardon, 2015\u00a0; Peters, 2016\u00a0; Gasser, 2019\u00a0; Jean, 2019). L\u2019algorithme de Spotify a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9 (Pasick, 2015\u00a0; Finn, 2018), ainsi que celui de Netflix, avec ses 76\u00a0897 \u00ab\u00a0micro-genres\u00a0\u00bb (Madrigal, 2014). Certains auteurs ont \u00e9galement mis en lumi\u00e8re des ph\u00e9nom\u00e8nes de \u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb qui tendent \u00e0 maintenir les consommateurs dans leur \u00ab\u00a0zone de confort\u00a0\u00bb culturelle (Pariser, 2011). Ce genre d\u2019analyse, parfois simpliste, a n\u00e9anmoins fait l\u2019objet de remise en cause ou d\u2019approfondissement (Gasser, 2019). L\u2019importance des donn\u00e9es dans la prescription sur les r\u00e9seaux sociaux n\u2019en repr\u00e9sente pas moins un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9cisif.<\/p>\n<p>Dans une perspective plus positive, et un registre prospectif, des auteurs ont montr\u00e9 la complexit\u00e9 des go\u00fbts musicaux (Gasser, 2019), le r\u00f4le du r\u00e9seau amical et des connaissances sur les choix culturels individuels (par exemple pour Facebook : Christakis\/Fowler, 2009 ; ou sur Twitter : Bilton, 2013), ou la transformation de la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la \u00ab Social TV \u00bb (Proulx\/Shepatin, 2012). D\u2019autres auteurs ont pr\u00e9dit les \u00e9volutions futures de l\u2019algorithmie (Christian\/Griffiths, 2016), l\u2019importance des donn\u00e9es dans la prescription sur les r\u00e9seaux sociaux (Standage, 2013) ou explor\u00e9 les possibles b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019utilisation des big datas pour les industries de contenus (Mayer-Sch\u00f6nberger\/Cukier, 2013). Certains auteurs tentent de comprendre comment la \u00ab machine \u00bb peut apprendre, notamment en ce qui concerne la curation et les recommandations au temps du \u00ab machine learning \u00bb (Alpaydin, 2016 ; Kelly, 2016 ; Finn, 2018 ; Kelleher, 2019).<\/p>\n<p>Au carrefour de ces diff\u00e9rentes approches, le concept de \u00ab smart curation \u00bb permet d\u2019offrir une perspective \u00e0 la fois algorithmique (le \u00ab smart \u00bb) et humaine (la \u00ab curation \u00bb). D\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ZHdK (Martel, 2015 ; Widmer\/Kleesattel, 2018), cette approche a le m\u00e9rite d\u2019offrir aux hommes une reprise en main de leur vie num\u00e9rique et de retrouver leur place au c\u0153ur du processus cr\u00e9atif et de prescription. De nombreux outils de recommandation mettent en \u0153uvre aujourd\u2019hui des syst\u00e8mes de multiples filtres de type \u00ab smart curation \u00bb, par exemple les playlists \u00ab Discovery\u2019s Weekly \u00bb de Spotify : elles sont toutes \u00ab customiz\u00e9es \u00bb et s\u2019appuient sur un triple filtre de recommandations algorithm\u00e9es, d\u2019influenceurs et avec une personnalisation (Pasick, 2015 ; Peters, 2016). La machine\u00a0<em>plus<\/em>\u00a0l\u2019humain.<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, la \u00ab critique \u00bb culturelle est en train de vivre une transformation radicale du fait de la mont\u00e9e en puissance des algorithmes, des influenceurs et de la curation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"La_regulation\"><em>La r\u00e9gulation<\/em><\/span><\/h3>\n<p>Face \u00e0 ces mutations de grande ampleur, de nombreux auteurs techno-sceptiques ou carr\u00e9ment critiques \u2013 qu\u2019ils se situent dans une inspiration libertarienne, post-marxiste, illib\u00e9rale ou simplement \u00ab\u00a0bi\u00e9lorusse\u00a0\u00bb \u2013 ont d\u00e9nonc\u00e9 les risques de d\u00e9rives ou les exc\u00e8s d\u2019Internet (Auletta, 2009\u00a0; Morozov, 2011\u00a0; Turkle, 2012\u00a0; Lanier, 2013\u00a0; Turkle, 2015\u00a0; Bratton, 2016\u00a0; Taplin, 2017). De nouvelles probl\u00e9matiques ont \u00e9galement \u00e9merg\u00e9 en terme de r\u00e9gulation et d\u2019\u00e9ducation au num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Ces questions ne sont pas neuves : aux \u00c9tats-Unis m\u00eame, le pr\u00e9sident Franklin Roosevelt avait, d\u00e8s les ann\u00e9es 1930, mis en oeuvre des formes de r\u00e9gulation et de \u00ab\u00a0fair competition\u00a0\u00bb dans l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et cr\u00e9\u00e9 les grandes agences qui, pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle plus tard, continuent \u00e0 r\u00e9guler le secteur de la communication, notamment la Federal Communications Commission et la Federal Trade Commission (Starr, 2004\u00a0; Einstein, 2004). La \u00ab\u00a0fairness doctrine\u00a0\u00bb de la FCC, mise en \u0153uvre essentiellement entre 1949 et 1987, continue \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e (Einstein, 2004). La direction \u00ab\u00a0antitrust\u00a0\u00bb du Department of Justice (DoJ) et la National Telecommunications &amp; Information Agency (NTIA), qui d\u00e9pend du minist\u00e8re du Commerce, contribuent \u00e9galement \u00e0 r\u00e9guler les t\u00e9l\u00e9communications et le num\u00e9rique. Enfin, c\u2019est la Cour Supr\u00eame qui a un r\u00f4le central pour prot\u00e9ger la vie priv\u00e9e et les donn\u00e9es des Am\u00e9ricains (d\u00e9cision tr\u00e8s protectrice\u00a0<em>Katz v. United States<\/em>\u00a0en 1967 et d\u00e9cision moins favorable\u00a0<em>Smith v. Maryland<\/em>\u00a0en 1979), comme elle fut d\u00e9j\u00e0 active pour r\u00e9guler l\u2019industrie du cin\u00e9ma et Hollywood (d\u00e9cision\u00a0<em>United States v. Paramount Pictures<\/em>\u00a0en 1948).<\/p>\n<p>Autour de cette tradition am\u00e9ricaine de r\u00e9gulation, un important d\u00e9bat existe aujourd\u2019hui sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9guler les GAFA, de prot\u00e9ger les donn\u00e9es des utilisateurs ou de d\u00e9fendre le copyright. De nombreux travaux int\u00e9ressent ici la politique culturelle, qu\u2019ils soient g\u00e9n\u00e9ralistes (Lescure, 2013\u00a0; Martel, 2014) ou propres \u00e0 des questions ou secteurs particuliers\u00a0: la reterritorialisation des donn\u00e9es (Colin\/Colin, 2013\u00a0; Mayer-Schonberger\/ Cukier, 2013), le fonctionnement des algorithmes (Cardon, 2015\u00a0; Oremus, 2016\u00a0; Christian\/Griffiths, 2016\u00a0; Jean, 2019), l\u2019antitrust (Reback, 2009), l\u2019\u00e9conomie de l\u2019attention (Citton, 2014), la transformation de l\u2019\u00e9dition (Borsuk, 2018), le commerce des livres par Amazon (Packer, 2014), l\u2019\u00e9conomie de la presse (Cag\u00e9, 2015), la r\u00e9mun\u00e9ration des donn\u00e9es ou m\u00eame la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration des r\u00e9seaux sociaux (Lanier, 2018\u00a0; Colin, 2018\u00a0; L\u00e9ger, 2018). Une partie du d\u00e9bat sur le copyright \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique se situe \u00e9galement dans cette lign\u00e9e avec de nouvelles approches de lutte contre le piratage apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec des sanctions disproportionn\u00e9es\u00a0: seule une offre l\u00e9gale large, \u00e0 des prix raisonnables, semble \u00eatre r\u00e9\u00e9llement efficace (Lessig, 2004\u00a0; Palfrey, 2011\u00a0; Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019).<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la \u00ab\u00a0digital literacy\u00a0\u00bb et l\u2019\u00e9ducation au num\u00e9rique sont devenues des priorit\u00e9s pour enseigner l\u2019esprit critique aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations (et m\u00eame \u00e0 l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9) quant aux usages des r\u00e9seaux sociaux, aux fake news (McIntyre, 2018), au narcissisme, \u00e0 la vaine notori\u00e9t\u00e9 (Lanier, 2013) ou au \u00ab\u00a0d\u00e9luge\u00a0\u00bb d\u2019informations (Gleick, 2011). D\u00e9j\u00e0, de nombreuses biblioth\u00e8ques, notamment aux \u00c9tats-Unis, ont fait de la \u00ab\u00a0digital literacy\u00a0\u00bb l\u2019une de leurs priorit\u00e9s, sinon leur c\u0153ur de m\u00e9tier. On parle d\u2019ailleurs outre-Atlantique de \u00ab BiblioTechs \u00bb, ces nouvelles biblioth\u00e8ques sans livres, financ\u00e9es par le minist\u00e8re du commerce am\u00e9ricain (NTIA), telles la Bexar County Digital Library \u00e0 San Antonio au Texas, qui propose \u00e0 ses usagers des e-readers, des ordinateurs et 10 000 ebooks \u2013 mais plus aucun livre papier. La \u00ab\u00a0digital literacy\u00a0\u00bb peut devenir une vraie politique \u00e9ducative et artistique, si on la con\u00e7oit dans toutes ses acceptions\u00a0: apprendre \u00e0 \u00ab\u00a0lire\u00a0\u00bb le web, se former aux outils, enseigner la protection de la vie priv\u00e9e, valoriser le droit d\u2019auteur, s\u2019alphab\u00e9tiser digitalement, apprendre \u00e0 cr\u00e9er sur internet sous la forme de mashup ou d\u2019hackaton par exemple (Cardon, 2019). \u00a0Le \u00ab\u00a0re-training\u00a0\u00bb et la formation continue seront de plus en plus essentiels pour les artistes comme pour l\u2019ensemble de la classe cr\u00e9ative (KEA, 2019).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Lart_numerique\"><em>L\u2019art num\u00e9rique<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, les politiques culturelles sont n\u00e9cessairement concern\u00e9es par l\u2019\u00e9largissement de l\u2019art, sous toutes ses formes, au num\u00e9rique et \u00e0 ce qu\u2019on appelait encore r\u00e9cemment \u00ab\u00a0new-media art\u00a0\u00bb. L\u2019art contemporain \u00e9tant aujourd\u2019hui\u00a0<em>intrins\u00e9quement digital<\/em>\u00a0\u2013 le num\u00e9rique intervenant souvent \u00e0 un niveau ou un autre de la production artistique \u2013, l\u2019expression \u00ab\u00a0art num\u00e9rique\u00a0\u00bb est devenue une sorte de pl\u00e9onasme. De fait, la fronti\u00e8re entre l\u2019art et la technologie s\u2019est consid\u00e9rablement estomp\u00e9e, l\u2019interdisciplinarit\u00e9 devient la norme alors qu\u2019un art \u00ab\u00a0post-digital\u00a0\u00bb, d\u00e9j\u00e0, s\u2019annonce (Bourriaud, 1998\u00a0; Stallabrass, 2003\u00a0; Colson, 2007\u00a0; Wands, 2007\u00a0; Paul, 2008\u00a0; Couchot\/Hillaire, 2009\u00a0; Aziosmanoff, 2010\u00a0; Bishop, 2017).<\/p>\n<p>Une v\u00e9ritable \u00e9criture \u00ab\u00a0num\u00e9rique\u00a0\u00bb est apparue, dont la diversit\u00e9 de codes, de formes et de langages est \u00e9vidente (youtubers, booktubers, instagrammers, auteurs de podcasts, de posts, de tweets, de tutos, de MOOCs ou de formats courts, et nouvelles esth\u00e9tiques de narrations etc.). Les r\u00e9seaux sociaux deviennent centraux dans la production de contenus artistiques (Davies 2016a\u00a0; Davies 2017)\u00a0; l\u2019interdisciplinarit\u00e9 prime\u00a0; les formats se diversifient \u00e0 l\u2019infini\u00a0; le code informatique devient art\u00a0(Blais\/Ippolito, 2006) ; le \u00ab\u00a0m\u00e9lange\u00a0\u00bb, le mix et le remix se croisent (Lessig, 2008)\u00a0; l\u2019art par algorithme \u00e9merge (Finn, 2018) etc. D\u00e9j\u00e0, de nouveaux bouleversements se pr\u00e9cisent qui affecteront n\u00e9cessairement les arts, comme l\u2019Intelligence Artificielle, la R\u00e9alit\u00e9 Virtuelle, la R\u00e9alit\u00e9 Augment\u00e9e, l\u2019Internet des Objets, les enceintes connect\u00e9es, les cryptomonnaies ou la blockchain (Engasser, 2017\u00a0; Reyburn, 2018\u00a0; Finn, 2018\u00a0; Rothman, 2018\u00a0; Hui, 2019\u00a0; KEA, 2019\u00a0; Davies, 2019). Certains se demandent m\u00eame si la prochaine r\u00e9volution artistique ne sera pas faite par un artiste-ordinateur quand, d\u00e9j\u00e0, des symphonies ou des \u0153uvres d\u2019art visuel sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par l\u2019Intelligence artificielle. L\u2019art-Machine est en marche\u00a0!<\/p>\n<p>Le monde de l\u2019art est donc en train de changer consid\u00e9rablement et de plus en plus radicalement. Il est important d\u2019analyser ces \u00ab\u00a0\u00e9critures\u00a0\u00bb, ce \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb et ces \u00ab\u00a0formes\u00a0\u00bb \u00e0 la fois dans la lign\u00e9e des grands critiques, tels que Roland Barthes, Serge Daney, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Jean-Luc Godard, G\u00e9rard Genette, Marshall McLuhan ou Susan Sontag, parmi d\u2019autres, ainsi que dans un n\u00e9cessaire renouvellement des outils conceptuels, lequel est encore en gestation (Bourriaud, 1998 ; Colson, 2007\u00a0; Hanna, 2009\u00a0; Cardon, 2019). En d\u00e9finitive, c\u2019est une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0s\u00e9miologie\u00a0\u00bb des internets et des r\u00e9seaux sociaux qui est en train de na\u00eetre, et m\u00eame une \u00ab\u00a0po\u00e9tique\u00a0\u00bb, qui s\u2019inscrit dans la dynamique de la formule c\u00e9l\u00e8bre de Jean-Luc Godard sur le cin\u00e9ma\u00a0: \u00ab\u00a0Le cin\u00e9ma est une pens\u00e9e qui prend forme, une forme qui pense.\u00a0\u00bb\u00a0<em>Le num\u00e9rique est une forme qui pense.<\/em><\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2><span id=\"III_Nouvelles_politiques_culturelles_a_lage_de_lalgorithme\"><strong>III \u2013 Nouvelles politiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019algorithme<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La transition num\u00e9rique engendre une transition artistique et, par cons\u00e9quence, un changement de paradigme des politiques culturelles. Qui se renouvellent \u00e0 tous les niveaux \u2013 villes, universit\u00e9s, Europe \u2013 et s\u2019accompagnent d\u2019un bouleversement des mod\u00e8les de r\u00e9mun\u00e9ration des artistes, ou des syst\u00e8mes philanthropiques. Ainsi, la politique culturelle se trouve, directement ou indirectement, r\u00e9volutionn\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"LEurope\"><em>L\u2019Europe<\/em><\/span><\/h3>\n<p>Depuis le trait\u00e9 de Maastricht, en 1992, l\u2019Union europ\u00e9enne s\u2019est vu confier des comp\u00e9tences dans le domaine culturel. Celles-ci ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9es par la suite ou compl\u00e9t\u00e9es (directive SMA, droit d\u2019auteur, Europe cr\u00e9ative, d\u00e9fense de la copie priv\u00e9e, TTIP US\/UE etc.), m\u00eame si ce mod\u00e8le singulier de financement de la culture demeure limit\u00e9. D\u00e9sormais, le secteur culturel et cr\u00e9atif fait certes l\u2019objet d\u2019une attention grandissante au sein des institutions europ\u00e9ennes en raison de son poids \u00e9conomique, de son attractivit\u00e9 touristique ou de son \u00ab\u00a0soft power\u00a0\u00bb mais les politiques publiques d\u00e9di\u00e9es font encore largement d\u00e9faut. De plus, l\u2019action est dispers\u00e9 dans diff\u00e9rents portefeuilles de diff\u00e9rents commissaires\u00a0(march\u00e9 int\u00e9rieur, concurrence, Service Europ\u00e9en d\u2019Action Ext\u00e9rieure etc.). Ce mod\u00e8le de politique culturelle europ\u00e9enne est-il efficace\u00a0? Est-il suffisamment visible dans un monde globalis\u00e9\u00a0? A-t-il r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la transition num\u00e9rique\u00a0? Beaucoup s\u2019interrogent (Henze\/Wolfram, 2014\u00a0; Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019)\u00a0; d\u2019autres multiplient les propositions pour sa modernisation \u00e0 l\u2019heure digitale afin qu\u2019il r\u00e9ponde concr\u00e8tement aux besoins du secteur culturel en Europe (KEA, 2019). L\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er un Erasmus pour les artistes, qui serait r\u00e9serv\u00e9 aux moins de 35 ans, est en train de faire son chemin pour favoriser une plus grande circulation des jeunes artistes.<\/p>\n<p>Il faut \u00e9galement dire que les enjeux de la question culturelle ont \u00e9t\u00e9 souvent m\u00eal\u00e9s, au niveau europ\u00e9en, avec ceux de l\u2019 \u00ab exception culturelle \u00bb et de la \u00ab diversit\u00e9 culturelle \u00bb. Depuis au moins une d\u00e9cennie, la culture a m\u00eame \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e, et parfois instrumentalis\u00e9e, aux controverses sur l\u2019 \u00ab identit\u00e9 nationale \u00bb ; elle a pu \u00eatre utilis\u00e9e comme \u00ab lieu de m\u00e9moire \u00bb ou symbole \u00ab vivant \u00bb du r\u00e9cit national. La g\u00e9n\u00e9alogie de cette obsession a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e, par exemple pour la France (Vlassis, 2015 ; Martigny, 2016). Plus r\u00e9cemment, en 2019, la cr\u00e9ation d\u2019un portefeuille de commissaire en charge de la \u00ab Protection du mode de vie europ\u00e9en \u00bb a suscit\u00e9 une vive pol\u00e9mique au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne (son nom a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9 par la suite) alors m\u00eame que le poste de commissaire \u00e0 la \u00ab culture \u00bb \u00e9tait supprim\u00e9 \u2013 une pol\u00e9mique qui confirme \u00e0 la fois ce souci et cette tension. Au lieu de d\u00e9fendre une improbable \u00ab identit\u00e9 \u00bb ou \u00ab mode de vie \u00bb europ\u00e9ens uniques, peut-\u00eatre faut-il penser l\u2019Europe comme un territoire pluriel, avec sa diversit\u00e9 de langues et ses \u00ab identit\u00e9s multiples \u00bb (Sen, 2006 ; Judt, 2007).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"La_ville_creative\"><em>La ville cr\u00e9ative<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la lign\u00e9e de certains travaux pr\u00e9monitoires (Garreau, 1991\u00a0; Castells,\u00a01998 ; Mitchell, 1999), la ville cr\u00e9ative et digitale est devenue un concept \u00e0 la mode depuis les ann\u00e9es 2000, notamment avec l\u2019expression \u00ab\u00a0smart city\u00a0\u00bb. Force est de constater qu\u2019une litt\u00e9rature tr\u00e8s abondante existe dans ce domaine. De nombreux chercheurs en ont propos\u00e9 des d\u00e9finitions, des typologies ou des approfondissements, avec des visions plus culturelles ou plus digitales (Etzkowitz, 2008\u00a0; Townsend, 2013\u00a0; Satyam\/Calzada, 2017\u00a0; Heller, 2017). Pourtant, nous manquons aujourd\u2019hui d\u2019une analyse comparative s\u00e9rieuse sur la pertinence de ces concepts et sur leur efficacit\u00e9 tant \u00e9conomique que cr\u00e9ative (Afonso, 2012\u00a0; Glaeser, 2012\u00a0; Karvonen\/Cugurullo\/Caprotti, 2018).<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des d\u00e9bats sur les \u00ab smart cities \u00bb, l\u2019importance de l\u2019\u00e9conomie culturelle dans le d\u00e9veloppement des villes a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9. Des \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9rales le confirment (Clark\/Bartlett, 2011 ; Crossick\/Kaszynska, 2016 ; Kangas\/Duxbury, 2018), ainsi que des \u00e9tudes g\u00e9ographiques particuli\u00e8res, fort nombreuses, comme par exemple en Europe o\u00f9 le secteur compterait plus de 6,7 millions d\u2019emplois (KEA, 2019), \u00e0 New York (Currid, 2007), Seattle (Beyers\/Bonds\/Wenzl\/Sommers, 2004), en Isra\u00ebl (Senor\/Singer, 2009) ainsi qu\u2019\u00e0 Londres o\u00f9 la culture repr\u00e9senterait la troisi\u00e8me source d\u2019emploi (Pratt, 2009). Miser sur la culture correspond donc \u00e0 un \u00ab investissement solide \u00bb en terme de d\u00e9veloppement \u00e9conomique (Borrup, 2006 ; Goldbard, 2006 ; Henze\/Wolfram, 2014 ; Crossick\/Kaszynska, 2016). Cette unanimit\u00e9 des \u00e9tudes \u00e9conomiques semble quelque peu \u00e9tonnante, et plus encore l\u2019enthousiasme des \u00e9lus locaux pour ces id\u00e9es, trop beau pour \u00eatre enti\u00e8rement juste, au point qu\u2019on peut en discuter la pertinence.<\/p>\n<p>A un niveau plus \u00ab micro \u00bb, les villes ont \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9 des \u00ab espaces \u00bb culturels qui ont fait l\u2019objet de beaucoup d\u2019attention. Qu\u2019il s\u2019agisse de \u00ab tiers lieux \u00bb, d\u2019espaces de \u00ab co-working \u00bb, de makerspaces, hackerspaces, incubateurs, fablabs, acc\u00e9l\u00e9rateurs, making labs, ou de simples \u00ab garages \u00bb \u2013 avec toutes les nuances pr\u00e9cises qui distinguent ces expressions \u2013 des chercheurs ont tent\u00e9 de comprendre ceux qui \u00e9taient les plus appropri\u00e9s au d\u00e9veloppement de la cr\u00e9ation, ceux qui favorisent vraiment l\u2019innovation, la collaboration, ou l\u2019interaction avec les autres secteurs artistiques (Burret, 2015 ; Graves, 2016 ; McGrath, 2018 ; Bradbury\/O\u2019Hara, 2019). L\u2019importance des \u00ab communaut\u00e9s \u00bb qui rendent possibles ces lieux m\u00e9rite \u00e9galement d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9e, tout comme le mouvement des r\u00e9sidences d\u2019artistes.<\/p>\n<p>En fin de compte, \u00e0 travers ces d\u00e9bats, on constate que les artistes sont de moins en moins financ\u00e9s en tant qu\u2019individus et de plus en plus souvent \u00e0 travers des \u00ab\u00a0lieux \u00bb\u00a0; de m\u00eame, les mus\u00e9es ont tendance \u00e0 privil\u00e9gier leur grandeur architecturale plut\u00f4t que leur programmation esth\u00e9tique (Woronkowicz\/<em>et al<\/em>, 2012). Des \u00e9volutions qui ont d\u00e9j\u00e0 de nombreuses cons\u00e9quences et qui posent la question d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 des espaces et des villes plut\u00f4t qu\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 des artistes (Florida,\u00a02002 ; Glaeser, 2012).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Mesurer_et_evaluer_lefficacite_des_politiques_culturelles\"><em>Mesurer et \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 des politiques culturelles<\/em><\/span><\/h3>\n<p>Les sciences sociales ont toujours \u00e9t\u00e9 soucieuses de d\u00e9montrer leur efficacit\u00e9 (Grawitz, 1964). Aujourd\u2019hui, la pression des \u00e9lus, des fondations, des philanthropes s\u2019accentue pour imposer une efficacit\u00e9 \u00e0 l\u2019art et des \u00e9valuations. C\u2019est vrai jusqu\u2019aux secteurs artistiques subventionn\u00e9s ou \u00e0 but non lucratifs (les lois du march\u00e9 exercent par nature cette pression sur les industries culturelles).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation des politiques culturelles est donc un domaine en fort d\u00e9veloppement (Jackson\/Kabwasa-Green\/Herranz, 2006 ; Borrup, 2006 ; Goldbard, 2006 ; Pratt, 2009 ; Crossick\/Kaszynska, 2016 ; Rosenstein, 2019). Le crit\u00e8re touristique appara\u00eet de plus central dans cette \u00e9valuation ; de m\u00eame que les index sinon les palmar\u00e8s (Florida, 2002). Et comme l\u2019investissement vise \u00e0 am\u00e9liorer la \u00ab communaut\u00e9 \u00bb, plus que la vie des artistes, il arrive que l\u2019on s\u2019interroge s\u2019il s\u2019agit encore de politique culturelle ou simplement de politique de la ville (Glaeser, 2012 ; Grams\/Farrell, 2008).<\/p>\n<p>Les artistes et les organisations culturelles sont donc press\u00e9s de fournir des arguments tangibles en guise de r\u00e9ponse \u2013 et des chiffres ! H\u00e9las, peu d\u2019outils et de travaux scientifiques exigeants, ou simplement innovants, existent pour valider ces politiques, quand ces m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation ne sont pas tout simplement bricol\u00e9es ou artificielles. De nouveaux travaux existent cependant, en d\u00e9pit des contrastes r\u00e9gionaux (Clark, 2014). Ainsi de l\u2019approche par la \u00ab\u00a0cultural value\u00a0\u00bb (la valeur des arts et de la culture et leurs apports pour la soci\u00e9t\u00e9 et pour les individus) qui est d\u2019autant plus f\u00e9conde qu\u2019elle tente de s\u2019appuyer sur une m\u00e9thodologie scientifique nouvelle (Crossick\/Kaszynska, 2016). Ainsi encore de l\u2019id\u00e9e, bien document\u00e9e, selon laquelle il est important de nourrir des communaut\u00e9s vivantes pour porter des projets culturels (Putnam, 2000\u00a0; Borrup, 2006\u00a0; Goldbard, 2006\u00a0; Cornfield, 2018). Ou encore les tentatives du Conseil de l\u2019Europe avec la fondation n\u00e9erlandaise Boekman (Compendium of Cultural Policies &amp; Trends et voir le site www.culturalpolicies.net\/). Une autre piste int\u00e9ressante pourrait \u00eatre envisag\u00e9e dans la lign\u00e9e des m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation quant \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 des politiques de d\u00e9veloppement, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es par Abhijit Banerjee et Esther Duflo\u00a0: articul\u00e9es \u00e0 une analyse fine sur le terrain, ces chercheurs ont mis au point au J-PAL, leur laboratoire au MIT, des \u00ab\u00a0Randomized Controlled Trials\u00a0\u00bb (RCT) dont la politique culturelle pourrait chercher \u00e0 s\u2019inspirer (Duflo, 2019\u00a0; Banerjee\/Duflo, 2011).<\/p>\n<p>Enfin, il faut citer ici les travaux innovants sur la qualit\u00e9 de vie et le \u00ab community well being \u00bb qui commencent \u00e0 prendre en compte, quoiqu\u2019encore timidement, la vie culturelle. Dans la lign\u00e9e de travaux ant\u00e9rieurs (Stiglitz\/Sen\/Fitoussi, 2009 ; Nussbaum\/Sen, 1993), la culture appara\u00eet d\u00e9sormais dans les \u00e9tudes et les indices sur le bien-\u00eatre et la qualit\u00e9 de vie (Michalos, 2005).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Les_nouveaux_modeles_economiques_des_artistes\"><em>Les nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques des artistes<\/em><\/span><\/h3>\n<p>Dans un environnement tr\u00e8s changeant, la vie \u00e9conomique des artistes est, elle aussi, en grande transformation. On observe ici plusieurs \u00e9volutions majeures, parfois imbriqu\u00e9es les unes aux autres, parfois contradictoires.<\/p>\n<p>D\u2019abord, les m\u00e9tiers artistiques et cr\u00e9atifs semblent plus mobiles. La mobilit\u00e9 des artistes est grande, notamment d\u2019une ville \u00e0 l\u2019autre ou d\u2019un \u00c9tat \u00e0 l\u2019autre aux \u00c9tats-Unis o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e (Markusen, 2006 ; Markusen, 2018), mais cela semble \u00e9galement vrai en Europe (KEA, 2019).<\/p>\n<p>On observe ensuite une grande flexibilit\u00e9 de travail chez les artistes. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas nouveau (Menger, 1983 ; Menger, 2003) mais il s\u2019est accentu\u00e9 avec la g\u00e9n\u00e9ralisation d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab gig-economy \u00bb dans le secteur artistique. Des recherches r\u00e9centes, et dans plusieurs pays, montrent que les artistes sont d\u00e9sormais fr\u00e9quemment sous un statut d\u2019 \u00ab auto-entrepreneurs \u00bb, de \u00ab start-uppers \u00bb ou de \u00ab free-lancers \u00bb, ce qui s\u2019explique par la n\u00e9cessit\u00e9 de g\u00e9rer de multiples contrats de travail, de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une certaine protection sociale ou est le r\u00e9sultat de consid\u00e9rations fiscales (Scherdin\/Zander, 2011 ; Woronkowicz\/Noonan, 2019). Cette g\u00e9n\u00e9ralisation du \u00ab self-employment \u00bb chez les artistes est bien document\u00e9 et elle appara\u00eet de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e par rapport aux autres cat\u00e9gories professionnelles : 33 % des artiste am\u00e9ricains seraient auto-entrepreneurs, soit quatre fois plus que le reste de la population ; parmi eux : 65 % des \u00e9crivains, 57 % des artistes visuels, 41 % des musiciens, 37 % des acteurs, 36 % des performing artists, 32 % des designers, 28 % des architectes (Markusen, 2020). Ainsi, les artistes \u2013 et les \u00ab slash artists \u00bb, comme je les ai nomm\u00e9s dans un article parce qu\u2019ils travaillent dans diff\u00e9rents secteurs comme, par exemple, photographie\/design\/visual arts (Martel, 2018) \u2013 seraient le symbole de cette \u00ab gig economy \u00bb ou de l\u2019\u00ab art entrepreneurship \u00bb (Woronkowicz\/Noonan, 2018 ; Woronkowicz, 2020) ; ce qui s\u2019accompagne, selon certains chercheurs, de leur paup\u00e9risation (Abbing, 2002), de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un succ\u00e8s rapide (avant la barre fatidique des trente ans, \u00e2ge consid\u00e9r\u00e9 ironiquement comme \u00ab the artist death by 30 \u00bb) ou au contraire leur fleurissement (Johnson, 2015). Une autre tendance de la recherche actuelle concerne la nature de cette activit\u00e9 artistique, artisanale et en mode \u00ab gig economy \u00bb, et en quoi elle pr\u00e9figure l\u2019intermittence ou la flexibilit\u00e9 du monde du travail plus g\u00e9n\u00e9ralement (Menger, 2014). Ainsi, la condition artistique ne serait pas aussi atypique qu\u2019on le dit puisqu\u2019elle annoncerait les emplois \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Ce faisant, et en lien avec la transition num\u00e9rique, de nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques sont apparus, une v\u00e9ritable \u00ab \u00e9conomie positive \u00bb dont profitent pleinement les artistes (Johnson, 2015 ; Weckerle, 2018 ; Martel, 2018), quoique parfois in\u00e9galement (Erricojan, 2016).<\/p>\n<p>S\u2019ils se d\u00e9placent g\u00e9ographiquement, s\u2019ils changent de statut professionnel et de mod\u00e8les \u00e9conomiques, les artistes s\u2019aventurent \u00e9galement au-del\u00e0 de leur \u00ab zone de confort \u00bb. Leurs comp\u00e9tences cr\u00e9atives seraient de plus en plus recherch\u00e9es dans le monde du travail en g\u00e9n\u00e9ral (interactive design, animation, IA, r\u00e9seau, donn\u00e9es, publicit\u00e9 etc.). Ce mouvement a plusieurs facettes et on parle parfois d\u2019 \u00ab embedded artist \u00bb pour d\u00e9finir le travail artistique hors de la sph\u00e8re culturelle, les relations entre arts et entrepreneurs ou les comp\u00e9tences artistiques n\u00e9cessaires dans d\u2019autres secteurs non-culturels d\u2019activit\u00e9 o\u00f9 l\u2019innovation est importante \u2013 avec le d\u00e9bat sur la \u00ab transf\u00e9rabilit\u00e9 \u00bb de ces comp\u00e9tences artistiques (Wickert\/Martel, 2020 ; Markusen, 2020 ; Woronkowicz, 2020). Avec ce processus, la \u00ab classe cr\u00e9ative \u00bb s\u2019\u00e9largit au-del\u00e0 des fronti\u00e8res traditionnelles de l\u2019art vers des terrains \u00ab non-artistiques \u00bb alors m\u00eame que certains \u00ab non-artistes \u00bb travaillent de plus en plus fr\u00e9quemment dans des domaines artistiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Les_nouvelles_philanthropies\"><em>Les nouvelles philanthropies<\/em><\/span><\/h3>\n<p><em>\u00a0<\/em>Alors que les mod\u00e8les \u00e9conomiques des artistes sont en mutation, d\u2019autres pans des politiques culturelles se transforment \u00e9galement. Ainsi des subventions publiques pour la culture qui ont tendance \u00e0 diminuer, comme aux \u00c9tats-Unis, mais aussi dans des pays o\u00f9 elles paraissaient plus solides, par exemple en Belgique, en Allemagne et m\u00eame en France (Feder\/Katz-Gero, 2015). De m\u00eame, les politiques fiscales connaissent des \u00e9volutions (Rosenstein, 2019).<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la philanthropie change, alors qu\u2019elle constitue dans de nombreux pays la base du financement de la culture. Cette transformation n\u2019est pas forc\u00e9ment n\u00e9gative comme l\u2019atteste l\u2019importance accrue de la philanthropie locale ou r\u00e9gionale aux \u00c9tats-Unis (fondation Irvine en Californie, William Penn \u00e0 Philadelphie, Gilman \u00e0 New York, les fondations Barr ou Cummings \u00e0 Boston, Hewlett \u00e0 San Francisco, Kresge \u00e0 D\u00e9troit etc.). Mais, plus souvent, les fondations et les philanthropes am\u00e9ricains ont tendance \u00e0 changer de priorit\u00e9s, en mettant l\u2019accent sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 raciale plus que sur les arts (fondation Ford, Carnegie, John D. and Catherine T. MacArthur, The Rockefeller Brothers Fund etc.). Et m\u00eame quand les arts restent au c\u0153ur de leur agenda (Andrew Mellon, Luce, Doris Duke, Terra, Surdna, ArtBridges etc.), ces fondations ont tendance \u00e0 concentrer leurs efforts sur le d\u00e9veloppement culturel dans les quartiers en difficult\u00e9s ou les projets li\u00e9s \u00e0 la diversit\u00e9. On observe donc une lente transformation : les aides qui visaient hier \u00e0 promouvoir l\u2019 \u00ab excellence \u00bb artistique ont tendance \u00e0 venir en support au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration urbaine ou \u00e0 la diversit\u00e9 (Grodach\/Silver, 2012 ; Crossick\/Kaszynska, 2016).<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><span id=\"La_place_des_artistes_dans_luniversite\"><em>La place des artistes dans l\u2019universit\u00e9<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si en Europe la place des artistes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 reste fragile \u2013 et tout particuli\u00e8rement en France et en Allemagne \u2013, il n\u2019en va pas ainsi dans d\u2019autres pays. Aux \u00c9tats-Unis, l\u2019universit\u00e9 est au c\u0153ur du mod\u00e8le culturel, non \u00e0 sa marge\u00a0: lieux de formation et de travail amateur d\u2019une part, mais aussi lieux de pr\u00e9sentation d\u2019expositions et de spectacles professionnels, les universit\u00e9s am\u00e9ricaines contribuent \u00e9galement \u00e0 la recherche et au d\u00e9veloppement des studios dans le secteur du cin\u00e9ma hollywoodien, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation et au \u00ab\u00a0try out\u00a0\u00bb dans le domaine du th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 la diversit\u00e9 de la production \u00e9ditoriale gr\u00e2ce aux presses universitaires, \u00e0 la pr\u00e9sentation de l\u2019innovation dans les arts visuels ou encore \u00e0 la persistance de formations de musique classique (Martel, 2006). Un grand nombre de ces activit\u00e9s sont des sources de financement majeures pour les artistes et ce d\u2019autant plus que le Master of Fine Arts (MFA) s\u2019impose d\u00e9sormais comme le dipl\u00f4me de r\u00e9f\u00e9rence artistique g\u00e9n\u00e9raliste dans la profession. A cela, il faut ajouter le d\u00e9veloppement int\u00e9ressant de la \u00ab\u00a0recherche-cr\u00e9ation\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0artist-researchers\u00a0\u00bb, ces artistes salari\u00e9s ou contractualis\u00e9s par les universit\u00e9s dans lesquelles ils effectuent leurs recherches et exp\u00e9rimentent, l\u2019objectif \u00e9tant de cr\u00e9er des interactions entre la recherche scientifique et la cr\u00e9ation artistique \u2013 une v\u00e9ritable hybridation (Manning\/Massumi, 2018\u00a0; Citton, 2018\u00a0; Delacourt, 2019).<\/p>\n<p>Ce d\u00e9veloppement culturel dans les universit\u00e9s est important car, au-del\u00e0 des sources de financement qu\u2019il peut apporter aux artistes, il permet aussi de d\u00e9limiter \u00ab\u00a0l\u2019art\u00a0\u00bb, avec ses financements propres, son exp\u00e9rimentation et sa prise de risque hors du march\u00e9 et, d\u2019autre part, les industries cr\u00e9atives qui appartiennent sans ambigu\u00eft\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. On a l\u00e0 une \u00e9volution int\u00e9ressante qui permet, par exemple pour le cin\u00e9ma, de rattacher sa partie la plus artistique \u00e0 l\u2019art contemporain et aux arts visuels \u2013 avec les objectifs d\u2019audience limit\u00e9s et des financements ad\u00e9quats \u2013 et de le distinguer de l\u2019industrie ou du syst\u00e8me des multiplexes. Cette s\u00e9paration, qui ne peut pas \u00eatre arbitraire ni rigide, pourrait permettre \u00e0 une partie de la culture de retrouver des financements sans \u00eatre sous la pression du march\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span id=\"IV_New_futures_les_questions_qui_viennent\"><strong>IV \u2013 New futures\u00a0: les questions qui viennent<\/strong><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des \u00e9volutions \u00e9conomiques qui ont fait l\u2019objet de nombreuses \u00e9tudes par les chercheurs de la politique culturelle, on peut terminer cet article \u2013 largement bibliographique \u2013 par la mise en lumi\u00e8re de nouvelles probl\u00e9matiques qui pourraient contribuer fortement \u00e0 changer les politiques culturelles. Deux questions \u2013 la diversit\u00e9 et l\u2019environnement \u2013 me paraissent particuli\u00e8rement significative pour les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"DEI_Diversity_Equity_Inclusion\"><em>DEI (Diversity, Equity, Inclusion)<\/em><\/span><\/h3>\n<p>La premi\u00e8re question, celle de la \u00ab\u00a0diversit\u00e9\u00a0\u00bb au sens large, n\u2019est gu\u00e8re nouvelle. Sa mont\u00e9e en puissance dans la politique am\u00e9ricaine en g\u00e9n\u00e9ral, et dans la politique culturelle aux \u00c9tats-Unis, date des ann\u00e9es 1965-1978 (Martel, 2006) et elle est devenue centrale aujourd\u2019hui. Les probl\u00e9matiques de parit\u00e9 hommes-femmes, d\u2019\u00e9galit\u00e9 de genres ou de diversit\u00e9s sexuelles sont \u00e9galement de plus en plus pr\u00e9gnantes en Europe (KEA, 2019).<\/p>\n<p>Que ce soit en terme de visibilit\u00e9, d\u2019esth\u00e9tique ou de repr\u00e9sentation, depuis les conseils d\u2019administration des institutions culturelles jusqu\u2019aux nominations des directeurs d\u2019\u00e9tablissements culturels, la question de la diversit\u00e9 se pose partout. Parfois, ce combat peut appara\u00eetre quelque peu hypocrite lorsque des pays comme la France, la Belgique ou le Canada luttent activement en faveur de la diversit\u00e9 culturelle \u00e0 l\u2019international (c\u2019est-\u00e0-dire le plus souvent contre les \u00c9tats-Unis pour d\u00e9fendre leur production culturelle nationale) alors m\u00eame qu\u2019ils abandonnent ce noble souci \u00e0 domicile, par exemple pour les aborig\u00e8nes, les autochtones, les populations d\u2019origines arabes ou les langues r\u00e9gionales. Quant aux \u00c9tats-Unis qui militent activement pour la diversit\u00e9 culturelle sur leur territoire, ils ont tendance \u00e0 la nier \u00e0 l\u2019international pour imposer leurs productions culturelles. Deux mondes \u00e0 fronts renvers\u00e9s \u2013 et la m\u00eame hypocrisie. (Martel, 2006).<\/p>\n<p>De fait, la question des migrants appara\u00eet aujourd\u2019hui comme une th\u00e9matique centrale pour les artistes, ce dont t\u00e9moigne la cr\u00e9ation de nombreux collectifs de cr\u00e9ateurs en faveur des migrants ou encore la nature cosmopolite des artistes et leur propre mobilit\u00e9 (Katz-Gero, 2018).<\/p>\n<p>Enfin, des d\u00e9bats plus r\u00e9cents, comme celui de la critique de l\u2019 \u00ab appropriation culturelle \u00bb, contribuent \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un discours plus radical, articul\u00e9 \u00e0 la question de la diversit\u00e9.<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><span id=\"Une_culture_durable\"><em>Une culture durable<\/em><\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De m\u00eame que la diversit\u00e9 appara\u00eet d\u00e9sormais comme l\u2019une des questions majeures des politiques culturelles, on peut \u00e9galement pronostiquer que celle de l\u2019environnement devrait devenir \u00e0 son tour de plus en plus centrale (KEA, 2019). Dans un ouvrage roboratif, F\u00e9lix Guattari a d\u00e9fini pr\u00e9cocement \u00ab\u00a0trois registres \u00e9cologiques\u00a0: celui de l\u2019environnement, celui des rapports sociaux et celui de la subjectivit\u00e9 humaine\u00a0\u00bb. Il a ainsi appel\u00e9 de ses v\u0153ux une triple et \u00ab\u00a0authentique r\u00e9volution politique, sociale et culturelle\u00a0\u00bb, insistant, pour cette derni\u00e8re, sur la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab\u00a0forger de nouveaux paradigmes [\u2026] d\u2019inspiration \u00e9thico-esth\u00e9tiques\u00a0\u00bb. Enfin, il fallait, selon lui, concevoir et op\u00e9rer ces trois changements de paradigme \u00ab\u00a0d\u2019un m\u00eame tenant\u00a0\u00bb (Guattari, 1989).<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame veine, ou en empruntant une autre lign\u00e9e, diff\u00e9rents auteurs ont d\u00e9fendu ou simplement montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une articulation entre l\u2019art et l\u2019environnement. Celle-ci peut s\u2019op\u00e8rer \u00e0 travers au moins trois modes : le premier, post Guattarien, est philosophique et il revient \u00e0 cr\u00e9er de nouveaux paradigmes et de nouvelles th\u00e9ories artistiques afin que l\u2019art puisse se d\u00e9velopper en harmonie avec les environnements qu\u2019il habite, y compris non-humains (Latour, 2015 ; Latour, 2017). Le deuxi\u00e8me est esth\u00e9tique et il concerne le champ d\u00e9sormais tr\u00e8s substantiel de l\u2019art et des artistes qui prennent pour objet direct ou indirect l\u2019environnement, depuis le Land Art jusqu\u2019aux collectifs artistiques environnementaux (Parti po\u00e9tique ; Coal ; Thanks for nothing etc.). Le troisi\u00e8me, enfin, plus politique, au croisement de l\u2019art et de l\u2019engagement, concerne la prise en compte de l\u2019\u00e9cologie par les artistes et les institutions culturelles, par exemple en refusant les d\u00e9cors temporaires, les catalogues d\u2019exposition mis au pilon ou les cimaises jetables. Cette pr\u00e9occupation environnementale se traduit d\u00e9j\u00e0 par une volont\u00e9 affich\u00e9e de privil\u00e9gier les structures artistiques \u00e9cologiques, de renouveler la r\u00e9flexion sur la conservation des \u0153uvres (Lerner, 2016) ou de nommer des \u00ab r\u00e9f\u00e9rents \u00e9cologie \u00bb dans certaines institutions artistiques (par exemple \u00e0 la Tate Modern de Londres qui s\u2019auto-d\u00e9finit comme un \u00ab more environmentally friendly museum \u00bb).<\/p>\n<p>Ces d\u00e9bats atteignent \u00e9galement les arts digitaux. La question du co\u00fbt environnemental du num\u00e9rique se pose de mani\u00e8re accrue du fait de la nature tr\u00e8s \u00e9nergivore du r\u00e9seau et du cloud, ainsi que des centres de stockage, sans parler de l\u2019utilisation de m\u00e9taux rares ou de l\u2019obsolescence programm\u00e9e, m\u00eame s\u2019il existe sur ce sujet des \u00e9tudes contradictoires (Flipo\/Dobr\u00e9\/Michot, 2013). Ces exemples et ces \u00e9volutions de fond laissent penser que l\u2019\u00e9cologie est en train de devenir centrale dans la culture\u00a0: une nouvelle articulation entre les transitions num\u00e9riques, culturelles et \u00e9cologiques s\u2019annonce\u00a0; les industries et les politiques culturelles ne pourront plus l\u2019ignorer (Portney, 2015\u00a0; Vidalenc\u00a0; 2019).<\/p>\n<p>Enfin, et pour plusieurs raisons \u00e9voqu\u00e9es dans cet article, on observe aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9mergence de nouvelles radicalit\u00e9s artistiques que ce soit dans le domaine de l\u2019environnement, celui de la diversit\u00e9 culturelle, du num\u00e9rique et m\u00eame de la politique culturelle. Face \u00e0 la domination des industries cr\u00e9atives et \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des GAFA, ou pour d\u00e9noncer les rat\u00e9s des politiques culturelles, un nouvel \u00ab activisme artistique \u00bb appara\u00eet. Des collectifs artistiques radicaux se multiplient (Tactical Tech, Reclaim the Streets, Les P\u00e9riph\u00e9riques vous parlent, Ne Pas Plier, Gaz \u00e0 tous les \u00e9tages, collectifs artistiques autour des ZAD, \u00ab dispositifs po\u00e9tiques \u00bb etc. ; et voir Hanna, 2010). Tout un mouvement n\u00e9o-boh\u00e9mien, n\u00e9o-forain, hacker, collaboratif, et parfois n\u00e9o-hippie se d\u00e9veloppe \u2013 ce qu\u2019illustre pour une part le festival Burning Man dans le d\u00e9sert du N\u00e9vada, o\u00f9 j\u2019ai pu constater que les dimensions non lucratives, environnementales et artistiques se m\u00ealaient (Himanen, 2001 ; Lloyd, 2005 ; Martel, 2016 ; Shister, 2019). D\u2019autres exp\u00e9rimentations existent, comme les \u00ab alter \u00e9conomies culturelles \u00bb, les collectifs de \u00ab contre-politique culturelle \u00bb, le d\u00e9veloppement des formes \u00ab infra \u00bb ou \u00ab under-commons \u00bb dans les politiques de la culture (Harney\/Moten, 2013) ou encore la r\u00e9appropriation par certains groupes d\u2019artistes de leurs moyens de production, par exemple les musiciens de country de Nashville (Cornfield, 2018). Pour une part, la notion d\u2019 \u00ab artiste entrepreneur \u00bb, pour marchande qu\u2019elle puisse \u00eatre et en rupture avec le mod\u00e8le boh\u00e9mien classique, correspond aussi \u00e0 un d\u00e9sir d\u2019autonomie et d\u2019\u00e9mancipation de toute \u00ab tutelle \u00bb, et parfois m\u00eame, puisqu\u2019elles apparaissent taries ou en diminution constante, de toutes subventions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span id=\"Conclusion_la_nouvelle_politique_culturelle\"><strong>Conclusion\u00a0: la \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb politique culturelle<\/strong><\/span><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Alors que la \u00ab\u00a0politique culturelle\u00a0\u00bb \u00e9tait une discipline relativement r\u00e9cente et qu\u2019elle cherchait encore sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans le monde acad\u00e9mique, elle a \u00e9t\u00e9 contrainte de subir la transition num\u00e9rique au d\u00e9but du \u00ab\u00a0si\u00e8cle digital\u00a0\u00bb. Et comme les questions de \u00ab\u00a0diversit\u00e9\u00a0\u00bb et l\u2019\u00e9cologie devraient contribuer \u00e0 redessiner la politique culturelle une fois encore, on peut tenter de d\u00e9finir ce secteur comme \u00e9tant, par nature et intrins\u00e9quement, en constante mutation.<\/p>\n<p>Pour la penser d\u00e9sormais, il faut donc \u00e0 la fois la saisir dans cette transformation permanente et en \u00e9largir le champ constamment pour lui permettre d\u2019appr\u00e9hender les disciplines artistiques anciennes, trop longtemps n\u00e9glig\u00e9es, et celles, nouvelles, qui \u00e9mergent. Il convient \u00e9galement de l\u2019appr\u00e9hender au-del\u00e0 de la seule sph\u00e8re de la politique publique, afin de l\u2019\u00e9tendre \u00e0 de nombreux acteurs d\u00e9cisifs, publics, \u00e0 but non lucratifs et commerciaux. Il s\u2019agit donc, au sens large, de penser une v\u00e9ritable \u00ab politique de la culture \u00bb (Martel, 2006).<\/p>\n<p>Comme cet article nous y invite \u00e0 partir d\u2019une recension des principales \u00e9tudes publi\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, il faudrait donc \u00e9largir la notion de \u00ab politique culturelle \u00bb \u00e0 ses diff\u00e9rentes \u2013 et nouvelles \u2013 composantes actuelles, au-del\u00e0 de la seule politique artistique : l\u2019\u00e9conomie de la culture (et les nouvelles sources de financement) ; les industries culturelles qui doivent \u00eatre au c\u0153ur des politiques culturelles et non plus \u00e0 ses marges ; la politique digitale et la r\u00e9gulation des plateformes num\u00e9riques ; les nouvelles philanthropies ; l\u2019\u00e9ducation artistique ; la connaissance des algorithmes ; la ville cr\u00e9ative, les lieux d\u2019incubation et la revitalisation urbaine ; les r\u00e9seaux sociaux ; les start-ups et l\u2019entrepreneuriat culturel ; la diplomatie culturelle ; la classe cr\u00e9ative ; le soft power ; la politique fiscale et ses d\u00e9ductions ; la politique culturelle europ\u00e9enne ; les t\u00e9l\u00e9coms et leur r\u00e9gulation ; le droit des consommateurs et ce que j\u2019ai appel\u00e9 les \u00ab micropolitiques \u00bb de la culture.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi il est n\u00e9cessaire d\u2019enseigner d\u00e9sormais la politique de la culture dans les \u00e9tablissements artistiques et, au-del\u00e0, dans de multiples formations universitaires afin de permettre aux artistes de se former tout au long de leur carri\u00e8re, et aux \u00ab non-artistes \u00bb d\u2019approcher les codes de l\u2019innovation et de la prise de risque artistique. En d\u00e9pit de ses mutations r\u00e9centes qui sont donc consubstantielles de sa jeune histoire, la politique de la culture est en train d\u2019appara\u00eetre, en ce \u00ab si\u00e8cle digital \u00bb, comme une discipline \u00e0 part enti\u00e8re (Bennett, 2019 ; Durrer\/Miller\/O\u2019Brien, 2019).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span id=\"Bibliographie\"><em>Bibliographie<\/em><\/span><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Hans Abbing,\u00a0<em>Why Are Artists Poor\u00a0? The Exceptionnal Economy of the Arts<\/em>, Amsterdam University Press, 2002.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Theodor\u00a0W. Adorno, Max Horkheimer,\u00a0<em>La\u00a0Dialectique de la raison<\/em>, 1947\u00a0; Gallimard, 1974 (voir le chapitre sur l\u2019industrie culturelle).<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Culture industry, Enlightment as mass deception, dialectics of enlightment<\/em>, Herder and Herder, reed. 1972<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Theodor W. Adorno, \u00ab\u00a0Mode intemporelle. \u00c0\u00a0propos du jazz\u00a0\u00bb (1936), in\u00a0<em>Prismes<\/em>, Payot, 1986, p.\u00a0102-114. (Sur ce sujet, voir Christian B\u00e9thune,\u00a0<em>Adorno et le Jazz. Analyse d\u2019un d\u00e9ni esth\u00e9tique<\/em>, Klincksieck, 2003).<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Culture Industry\u00a0: Selected Essays on Mass Culture<\/em>, Routledge, 1991<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Essays on music<\/em>, University of California Press, 2002, \u00e9dition de Richard Leppert (Dont les deux textes c\u00e9l\u00e8bres sur le jazz\u00a0[pp. 470-500] : \u00ab\u00a0Farewell to Jazz\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 1932 et surtout \u00ab\u00a0On Jazz\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 1936\u00a0; il existe un autre texte d\u2019Adorno sur le jazz, une critique de livres\u00a0: \u00ab\u00a0Reviews\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Studies in Philosophy and Social Science<\/em>, Vol IX, n\u00b01, 1941, pp. 167-178).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ricardo A. Afonso,\u00a0<em>Smart Cities\u00a0: A Comprehensive Systematic Literature Review<\/em>, UFAL, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chris Anderson,\u00a0<em>The Long Tail, Why the future of business is selling less of more<\/em>\u00a0Hyperion, 2006.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Free, The Future of a Radical Price<\/em>, Hyperion, 2009.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ieng Ang, Yudhishthir Raj Isar, et\u00a0<em>al<\/em>.,\u00a0<em>Cultural diplomacy\u00a0: beyond the national interest\u00a0?<\/em>, Routledge, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ken Auletta, Th<em>e Highwaymen, Warriors of the Information Superhighway<\/em>, Random House, 1997 (recueil des principaux articles du journaliste sur les industries culturelles dans le New Yorker)<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Googled, The End of the World As We Know It<\/em>, Virgin Books, 2009.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Outside the Box\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker,\u00a0<\/em>February 3, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Florent Aziosmanoff,\u00a0<em>Living Art, L\u2019Art num\u00e9rique<\/em>, CNRS \u00c9ditions, 2010.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Antoine de Baecque, Philippe Chevallier, \u00e9ds.,\u00a0<em>Dictionnaire de la pens\u00e9e du cin\u00e9ma<\/em>, Presses Universitaires de France, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tino Balio,\u00a0<em>The American Film Industry<\/em>, University of Wisconsin Press, 1976, rev. 1986.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Abhijit Banerjee, Esther Duflo,\u00a0<em>Repenser la pauvret\u00e9<\/em>, 2011, Seuil, 2012<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Zygmunt Bauman,\u00a0<em>Liquid Modernity<\/em>, Polity, 2000.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Liquid Life<\/em>, Polity, 2005.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>William Baumol, William Bowen,\u00a0<em>Perfoming arts\u00a0: The economic dilemma<\/em>, Twentieth Century Fund, 1966\u00a0; The MIT Press, 1968.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tony Bennett, \u00ab\u00a0The Political career of the culture concept\u00a0\u00bb, in Victoria Durrer, Toby Miller, Dave O\u2019Brien, ed.,\u00a0<em>The Routledge Handbook of Global Cultural Policy<\/em>, Routledge, 1st ed., 2019 (chapitre 38, pp. 607-621).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Walter Benjamin, \u00ab\u00a0L\u2019\u0153uvre d\u2019art \u00e0 l\u2019\u00e9poque de sa reproductibilit\u00e9 technique\u00a0\u00bb (1935), in\u00a0<em>\u0152uvres<\/em>, t.\u00a0III, Gallimard, 2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alex Berger, \u00ab\u00a0Rapport sur la fiction s\u00e9rielle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rapport officiel<\/em>, Centre National de la Cin\u00e9matographie, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>William Beyers, Anne Bonds, Andrew Wenzl, Paul Sommers,\u00a0<em>The Economic Impact of Seattle\u2019s Music Industry<\/em>, Office of Economic Development, City of Seattle, 2004.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nick Bilton,\u00a0<em>Hatching Twitter, A True Story of Money, Power, Friendship and Betrayal<\/em>, Portfolio\/Penguin, 2013<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Claire Bishop,\u00a0<em>Artificial Hells, Participatory Art and the Politics of Spectatorship<\/em>, Verso, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ryan Bishop, Kristoffer Gansing, Jussi Parikka, Elvia Wilk,\u00a0<em>Across &amp; Beyond\u00a0: A Transmediale Reader on Post-digital Practices, Concepts and Institutions<\/em>, Sternberg Press, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peter Biskind,\u00a0<em>Easy Riders, Raging Bulls, How the Sex-Drugs-and-Roch\u2019n\u2019Roll Generation Saved Hollywood<\/em>, Touchstone, 1998.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joline Blais, Jon Ippolito,\u00a0<em>At the ege of art<\/em>, Thames &amp; Hudson, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Andrew Blum,\u00a0<em>Tubes, A Journey to the Center of the Internet<\/em>, Ecco, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Howard J. Blumenthal, Oliver R. Goodenough,\u00a0<em>This Business of Television, The Standard Guide to the Television Industry<\/em>, Billboard, 3rd edition, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Luc Boltanski, \u00c8ve Chiapello,\u00a0<em>Le Nouvel Esprit du capitalisme<\/em>, Gallimard, 1999.<\/p>\n<p>Luc Boltanski, Arnaud Esquerre,\u00a0<em>Enrichissement\u00a0: Une critique de la marchandise<\/em>, Gallimard, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tom Borrup,\u00a0<em>The Creative Community Builder\u2019s Handbook\u00a0: How to Transform Communities Using Local Assets, Art, and Culture<\/em>, Fieldstone Alliance, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Amaranth Borsuk,\u00a0<em>The Book<\/em>, The MIT Press, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mihir Bose,\u00a0<em>Bollywood, A History<\/em>, Tempus, 2007.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pierre Bourdieu,\u00a0<em>Les H\u00e9ritiers\u00a0: les \u00e9tudiants et la culture<\/em>, \u00e9ditions de Minuit, 1964<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>La Reproduction. \u00c9l\u00e9ments d\u2019une th\u00e9orie du syst\u00e8me d\u2019enseignement<\/em>, \u00e9ditions de Minuit, 1970<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>La Distinction. Critique sociale du jugement<\/em>, Minuit, 1979.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nicolas Bourriaud,\u00a0<em>Esth\u00e9tique relationnelle<\/em>, Les Presses du r\u00e9el, 1998.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Victoria Bradbury, Suzy O\u2019Hara, \u00e9ds.,\u00a0<em>Art Hack Practice\u00a0: Critical Intersections of Art, Innovation and the Maker Movement<\/em>, CRC Press, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Stewart Brand,\u00a0<em>The Media Lab, Inventing the Future at MIT<\/em>, Penguin, 1987.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Benjamin Bratton,\u00a0<em>The Stack, On Software and Sovereignty<\/em>, MIT Press, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Antoine Burret,\u00a0<em>Tiers-Lieux\u2026 et Plus si Affinit\u00e9s<\/em>, FYP, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Julia Cag\u00e9,\u00a0<em>Sauver les m\u00e9dias, Capitalisme, financement participatif et d\u00e9mocratie<\/em>, Le Seuil, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Julia Cag\u00e9, Nicolas Herv\u00e9 et Marie-Luce Viaud,\u00a0<em>L\u2019information \u00e0 tout prix<\/em>, INA, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dominique Cardon,\u00a0<em>A quoi r\u00eavent les algorithmes, Nos vies \u00e0 l\u2019heure des big data<\/em>, R\u00e9publique des id\u00e9es\/Seuil, 2015.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Culture num\u00e9rique<\/em>, Sciences Po, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Manuel Castells,\u00a0<em>La Soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seaux<\/em>, Fayard, 1998 (trois volumes).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Richard E. Caves,\u00a0<em>Creative Industries, Contracts between art and commerce<\/em>, Harvard University Press, 2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nicholas Christakis, James Fowler,\u00a0<em>Connected, The Surprising Power of Our Social Networks and How They Shape Our Lives<\/em>, Little, Brown and Company, 2009.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Brian Christian, Tom Griffiths,\u00a0<em>Algorithms to Live By, The Computer Science of Human Decisions<\/em>, William Collins, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vincenzo Cicchelli, Sylvie Octobre, Viviane Riegel, Tally Katz-Gerro, Femida Handy, \u00ab\u00a0A tale of three cities: Aesthetico-cultural cosmopolitanism as a new capital among youth in Paris, Sao Paulo, and Seoul\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Journal of Consumer Culture<\/em>\u00a0n\u00b00, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Yves Citton,\u00a0<em>Pour une \u00e9cologie de l\u2019attention<\/em>, Seuil, 2014<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Post-scriptum sur les soci\u00e9t\u00e9s de recherche-cr\u00e9ation\u00a0\u00bb,\u00a0<em>AOC<\/em>, 14 septembre 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Terry Clark, Anne Bartlett, et\u00a0<em>al<\/em>.,\u00a0<em>The City as an Entertainment Machine<\/em>, Lexington Books, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Terry Clark,\u00a0<em>Can Tocqueville Karaoke\u00a0? Global contrasts of Citizen Participation, the Arts and Development<\/em>, Emerald, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nicolas Colin,\u00a0<em>Hedge\u00a0: A Greater Safety Net for the Entrepreneurial Age<\/em>, CreatSpace, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pierre Colin, Nicolas Colin,\u00a0<em>Rapport sur la fiscalit\u00e9 du secteur num\u00e9rique<\/em>, Rapport au ministre du Redressement productif, janvier 2013 (disponible en ligne sur le site du minist\u00e8re).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Richard Colson,\u00a0<em>The Fundamentals of Digital Art<\/em>, Ava, 2007.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Daniel Cornfield,\u00a0<em>Beyond the Beat\u00a0: Musicians Building Community in Nashville<\/em>, Princeton University Press, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Edmond Couchot, Norbert Hillaire,\u00a0<em>L\u2019Art num\u00e9rique<\/em>, Champs-Flammarion, 2009.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Geoffrey Crossick, Patrycja Kaszynska,\u00a0<em>Understanding the valuer of arts &amp; culture, The AHRC Cultural Value Project<\/em>, Arts &amp; Humanities Research Council (UK), 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elizabeth Currid,\u00a0<em>The Warhol Economy\u00a0: How Fashion, Art and Music Drive New York City<\/em>, Princeton University Press, 2007.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fredric Dannen,\u00a0<em>Hit Men<\/em>, Vintage, 1991.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>John Davies, \u00ab\u00a0State of the art: Analysing where art meets technology using social network data\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, Mai 2016a<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Seven key findings from the new Creative Industry statistics\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, Juin 2016b<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0A creative brief: The digital rise of the Department for Culture, Media and Sport (UK)\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, Aout 2016c<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Digital creative networks: Why social media is getting creative\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, Mai 2017<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Visions and Reality \u2013 Can blockchain allow us to rethink the creative industries?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, Juin 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sandra Delacourt,\u00a0<em>L\u2019artiste-chercheur, Un r\u00eave am\u00e9ricain au prisme de Donald Judd<\/em>, ed. B42-111, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Olivier Donnat,\u00a0<em>Les Pratiques culturelles des Fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique,\u00a0<\/em>La D\u00e9couverte, 2009 (voir \u00e9galement les autres \u00e9tudes du DEPS\/Minist\u00e8re de la Culture).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Esther Duflo,\u00a0<em>Le d\u00e9veloppement humain, Lutte contre la pauvret\u00e9 I<\/em>, Seuil\/R\u00e9publique des id\u00e9es, 2010<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>La politique de l\u2019autonomie, Lutte contre la pauvret\u00e9 II<\/em>, Seuil\/R\u00e9publique des id\u00e9es, 2010<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Victoria Durrer, Toby Miller, Dave O\u2019Brien, ed.,\u00a0<em>The Routledge Handbook of Global Cultural Policy<\/em>, Routledge, 1st ed., 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Victoria Durrer, Toby Miller, Dave O\u2019Brien, \u00ab\u00a0Towards global cultural policy studies\u00a0\u00bb, in Victoria Durrer, Toby Miller, Dave O\u2019Brien, ed.,\u00a0<em>The Routledge Handbook of Global Cultural Policy<\/em>, Routledge, 1st ed., 2019 (chapitre 1, pp. 1-17) [Durrer, 2019b]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ronald Dworkin, \u00ab The Bakke decision : did it decide anything ? \u00bb,\u00a0<em>New York Review of Books<\/em>, 17 ao\u00fbt 1978.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gary Edgerton, Jeffrey Jones, ed.,\u00a0<em>The Essential HBO Reader<\/em>, The University Press of Kentucky, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Florence Engasser, \u00ab\u00a0A new artistic approach to virtual reality\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Nesta<\/em>, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Edward Jay Epstein,\u00a0<em>The Big Picture, The New Logic of Money and Power in Hollywood<\/em>, Random House, 2005.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Hollywood Economist, The Hidden Financial Reality Behing the Movies<\/em>, Melville House, 2010.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jason Epstein,\u00a0<em>Book Business, Publishing Past Present and Future<\/em>, Norton, 2001.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mike Erricojan, \u00ab\u00a0Touring Can\u2019t Save Musicians in the Age of Spotify\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 25 Janvier 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Henry Etzkowitz,\u00a0<em>MIT and the Rise of Entrepreneurial Science<\/em>, Routledge, 2002.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Triple Helix, University-Industry-Government, Innovation in Action<\/em>, Routledge, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Martin Falk, Tally Katz-Gerro, \u00ab\u00a0Cultural participation in Europe: Can we identify common determinants?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>J Cult Econ<\/em>, 40 , 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tal Feder, Tally Katz-Gerro, \u00ab\u00a0Who benefits from public funding of the performing arts? Comparing the art provision and the hegemony\u2013distinction approaches\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Poetics<\/em>, n\u00b040, 2012.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0The cultural hierarchy in funding: Government funding of the performing arts based on ethnic and geographic distinctions\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Poetics<\/em>, n\u00b049, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ed Finn, \u00ab\u00a0Art by algorithm, From book critiques to music choices, computation is changing aesthetics. Does increasingly average perfection lie ahead?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Aeon.co<\/em>, 27 septembre 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fabrice Flipo, Michelle Dobr\u00e9, Marion Michot,\u00a0<em>La Face cach\u00e9e du num\u00e9rique\u00a0: l\u2019impact environnemental des nouvelles technologies<\/em>, L\u2019\u00c9chapp\u00e9e, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Richard Florida,\u00a0<em>The Rise of the Creative Class<\/em>, Basic Books, 2002.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Flight of the Creative Class<\/em>, Harper, 2005.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pierre-William Fregonese,\u00a0<em>De la strat\u00e9gie culturelle fran\u00e7aise au XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/em>, Garnier, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Beatriz Garcia,\u00a0<em>The Olympic games and Cultural Policy<\/em>, Routledge, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joel Garreau,\u00a0<em>Edge City, Life on the New Frontier<\/em>, Anchor Books, 1991.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nolan Gasser,\u00a0<em>Why You Like It, The Science &amp; Culture of Musical Taste<\/em>, Flatiron Books, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Manfred Gerig, Michael Sondermann, Christoph Weckerle,\u00a0<em>Creative Industries Switzerland: Facts, Models, Culture<\/em>, Birkhauser Verlag AG, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>George Gilder, \u00ab\u00a0The Information Factories\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Wired<\/em>, Octobre 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Anand Giridharadas, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2014\/08\/08\/arts\/design\/museums-see-different-virtues-in-virtual-worlds.html\">Museums See Different Virtues in Virtual Worlds\u00a0<\/a>\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 7 ao\u00fbt 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Edward Glaeser,\u00a0<em>Triumph of the City\u00a0: How our Greatest Invention Makes us Richer, Smarter, Greener, Healthier and Happier<\/em>, Penguin, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>James Gleick,\u00a0<em>The Information, A History, a Theory, a Flood<\/em>, Fourth Estate, 2011<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Arlene Goldbard,\u00a0<em>New Creative Community\u00a0: the Art of Cultural Development<\/em>, New Village Press, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Diane Grams, Betty Farrell, eds.,\u00a0<em>Entering cultural communities, Diversity and Change in the Non Profit Arts<\/em>, Rutgers University Press, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Simon Grand, \u00ab\u00a0What If\u00a0? Strategy Design for Enacting Enterprise Performance\u00a0\u00bb, in Walter Brenner, Falk Uebernickel, eds.,\u00a0<em>Design Thinking for Innovamtion<\/em>, Springer, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Colleen Graves, Aaron Graves,\u00a0<em>The Big Book of Makerspace Projects<\/em>, McGraw-Hill, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Madeleine Grawitz,\u00a0<em>M\u00e9thodes des sciences sociales<\/em>, 1964\u00a0; r\u00e9\u00e9d., Dalloz, 2001.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Emmanuel Grimaud,\u00a0<em>Bollywood Film Studio ou comment les films se font \u00e0 Bombay<\/em>, CNR Editions, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Carl Grodach, Daniel Silver, T<em>he Politics of Urban Cultural Policy: Global Perspectives<\/em>, Routledge, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>F\u00e9lix Guattari,\u00a0<em>Les Trois \u00c9cologies<\/em>, Galil\u00e9e, 1989.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Christophe Hanna,\u00a0<em>Nos dispositifs po\u00e9tiques<\/em>, Questions th\u00e9oriques, 2010.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Stefano Harney, Fred Moten,\u00a0<em>The Undercommons, Fugitive planning &amp; Black Study<\/em>, Minor Compositons, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nathan Heller, \u00ab\u00a0The digital republic, Has a tiny post-Soviet nation [Estonia] solved the problems of twenty-first-century America\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, December 18-25, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Raphaela Henze, Gernot Wolfram, \u00e9d.,\u00a0<em>Exporting Culture, Which role for Europe in a Global World\u00a0?<\/em>, Spinger, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pekka Himanen,\u00a0<em>The Hacker Ethic and the Spirit of the New Economy<\/em>, Random House, 2001.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Euny Hong,\u00a0<em>The Birth of Korean Cool, How One Nation is Conquering the World Through Pop Culture<\/em>, Picador, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Desmond Hui, ed.,\u00a0<em>AR Awakening\u00a0: X-Realities of Honk Kong Layering<\/em>, MCCM Creations, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Koichi Iwabuchi,\u00a0<em>Recentering Globalization, Popular Culture and Japanese Transnationalism<\/em>, Duke University Press, 2002.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Shannon Jackson,\u00a0<em>Social Works\u00a0: Performing Art, Supporting Publics<\/em>, Routlege, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fabrice Jallet,\u00a0<em>Enqu\u00eate Startups de la musique<\/em>, IRMA, 2017 (enqu\u00eate bas\u00e9e sur 144 startups et 146 fondateurs fran\u00e7ais).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aur\u00e9lie Jean,\u00a0<em>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la machine. Voyage d\u2019une scientifique au pays des algorithmes<\/em>, L\u2019observatoire, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Henry Jenkins, Joshua Green, Sam Ford,\u00a0<em>Spreadable Media, Creating Value and Meaning in a Networked Culture<\/em>, New York University Press, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Steven Johnson,\u00a0<em>Everything Bad is Good for You<\/em>, Penguin Books, 2005.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0The Creative Apocalypse that wasn\u2019t\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 19 ao\u00fbt 2015 (bas\u00e9 sur les donn\u00e9es suivantes\u00a0: Department of labor et du Occupational Employment Statistics and Economic Census\u00a0; les donn\u00e9es sont confirm\u00e9es par les \u00e9tudes du National Endowment for the Arts).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tony Judt,\u00a0<em>Apr\u00e8s Guerre, Une histoire de l\u2019Europe depuis 1945<\/em>, Armand Colin, 2007<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Michiko Kakutani, \u00ab\u00a0Selling as Hard as He can\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New York Times<\/em>, October 28, 2013<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Anita Kangas, Nancy Duxbury, et\u00a0<em>al., Cultural Policies for Sustainable Development<\/em>, Routledge, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Andrew Karvonen, Federico Cugurullo, Federico Caprotti, eds.,\u00a0<em>Inside Smart Cities\u00a0: Place, Politics and Urban Innovation<\/em>, Routledge, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tally Katz-Gerro, \u00ab\u00a0Cross-National Differences in the Consumption of Non-National Culture in Europe\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cultural Sociology<\/em>, Vol. 11(4), 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gina Keating,\u00a0<em>Netflixed\u00a0: The Epic battle for America\u2019s Eyeballs<\/em>, Portfolio Trade, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>John Kelleher,\u00a0<em>Deep Learning<\/em>, The MIT Press, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Kevin Kelly,\u00a0<em>The Inevitable<\/em>, Viking, 2016 (voir le chapitre\u00a0: \u00ab Filtering\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Grant Kester,\u00a0<em>The One and the Many\u00a0: Contemporary Collaborative Art in a Global Context<\/em>, Duke University Press, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Parag Khanna,\u00a0<em>The Second World, How Emerging Powers Are Redefining Global Competition in the Twenty-First Century<\/em>, Random House, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Michel Lallement,\u00a0<em>L\u2019\u00c2ge du faire, Hacking, travail, anarchie<\/em>, Seuil, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Charles Landry,\u00a0<em>The Creative City: A Toolkit for Urban Innovators<\/em>, Earthscan, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jaron Lanier,\u00a0<em>Who Owns the Future\u00a0?<\/em>, Allen Lane, 2013.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Ten Arguments For Deleting Your Social Media Accounts Right Now<\/em>, Bodley Head, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bruno Latour,\u00a0<em>Face \u00e0 Ga\u00efa<\/em>, La D\u00e9couverte, 2015.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>O\u00f9 atterrir\u00a0?<\/em>, La D\u00e9couverte, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lucas L\u00e9ger, ed., \u00ab\u00a0Mes data sont \u00e0 moi. Pour une patrimonialit\u00e9 des donn\u00e9es personnelles\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Think tank Generation Libre<\/em>, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben Lerner, \u00ab\u00a0The Custodians, How the Whitney is transforming the art of museum conservation\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 11 janvier 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pierre Lescure, \u00ab\u00a0Acte II de l\u2019exception culturelle, Contribution aux politiques culturelles \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rapport officiel<\/em>, Minist\u00e8re de la Culture (France), 2013 (en ligne\u00a0<a href=\"https:\/\/www.vie-publique.fr\/sites\/default\/files\/rapport\/pdf\/134000278.pdf\">ici<\/a>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lawrence Lessig,\u00a0<em>The Future of Ideas: the Fate of the Commons in a Connected World<\/em>, Random House, 2001<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Free Culture: How Big Medias Uses Technology and the Law to Lock Down Culture and Control Creativity,<\/em>\u00a0Penguin Press, 2004<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Remix: Making Art and Commerce Thrive in the Hybrid Economy<\/em>, Penguin Press, 2008.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Off the Grid, The Superstar Law Professor is Marching across New Hampshire to Save Democracy. Are You with Him\u00a0?\u00a0\u00bb, interview par Simon Van Zuylen-Wood,\u00a0<em>The New Republic<\/em>, 5 f\u00e9vrier, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jane L. Levere, \u00ab\u00a0If you can\u2019t make it to the lecture\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 19 mars 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Steven Levy,\u00a0<em>L\u2019\u00c9thique des hackers<\/em>, 1984\u00a0; Globe, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Richard Lloyd,\u00a0<em>Neo-Bohemia\u00a0: Art and Commerce in the Postindustrial City<\/em>, Routledge, 2005.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Steve Lohr, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2014\/10\/26\/arts\/artsspecial\/the-met-and-other-museums-adapt-to-the-digital-age.html?ref=oembed\">Museums Morph Digitally<\/a>\u00a0<em>\u00bb, The New York Times,\u00a0<\/em>23 octobre 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alexis Madrigal, \u00ab\u00a0How Netflix Reverse Engineered Hollywood\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Atlantic,\u00a0<\/em>2 Janvier 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Malraux, \u00ab\u00a0D\u00e9cret de cr\u00e9ation du Minist\u00e8re des affaires culturelles\u00a0\u00bb, 24 juillet 1959,\u00a0<em>Journal Officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em>, 26 juillet 1959. (<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000000299564&amp;pageCourante=07413\">fac simil\u00e9 ici<\/a>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Erin Manning, Brian Massumi,\u00a0<em>Pens\u00e9e en acte, Vingt propositions pour la recherche-cr\u00e9ation<\/em>, Les Presses du R\u00e9el, 2018 (post-face d\u2019Yves Citton).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Andrew Marantz, \u00ab\u00a0The Virologist\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 5 janvier 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ann Markusen, \u00ab\u00a0Artists Embedded: Sector, Employment Status, Occupation, Industry, Employer Type, Place\u00a0\u00bb, 2020,\u00a0<em>in<\/em>\u00a0Hartmut Wickert, Fr\u00e9d\u00e9ric Martel, \u00e9ds.,\u00a0<em>Embedded Artists, Artists Outside the Art World: The World in Quest of Artists, op. cit.<\/em><\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Creative Placemaking: A Reflection on a 21s Century American Arts Policy Initiative\u00a0\u00bb\u00a0<em>in<\/em>\u00a0Courage Cara, Anita McKeown, eds.,\u00a0<em>Creative Placemaking and Beyond<\/em>, Routledge, 2018<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ann Markusen, Anne Gadwa Nicodemus, \u00ab\u00a0Creative Placemaking\u00a0\u00bb, Mayors\u2019 Institute on City Design, National Endowment for the Arts, October 2010 (en ligne\u00a0<a href=\"https:\/\/www.arts.gov\/sites\/default\/files\/CreativePlacemaking-Paper.pdf\">ici<\/a>).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ann Markusen, Sam Gilmore, Amanda Johnson, Titus Levi, Andrea Martinez, \u00ab\u00a0Crossover: How Artists Build Careers across Commercial, Nonprofit and Community Work. Minneapolis\u00a0\u00bb, Project on Regional and Industrial Economics, University of Minnesota, 2006<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ann Markusen, Greg Schrock, \u00ab\u00a0The Artistic Dividend\u00a0: Urban Artistic Specialization and Economic Development Implications\u00a0\u00bb, Urban Studies 43, n\u00b010, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Martel,\u00a0<em>De la Culture en Am\u00e9rique<\/em>, Gallimard, 2006.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Mainstream, Enqu\u00eate sur la guerre globale de la culture et des m\u00e9dias<\/em>, Flammarion, 2010.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Smart, Enqu\u00eate sur les internets<\/em>, Stock, 2014.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9crivain social, la condition de l\u2019\u00e9crivain \u00e0 l\u2019\u00e2ge num\u00e9rique\u00a0\u00bb, Rapport officiel, Centre National du Livre\/Minist\u00e8re de la Culture (France), 2015.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Smart Curation and the Role of Algorithms in Cultural Reception\u00a0\u00bb, in chapter 3, pp. 42-51\u00a0(trois articles initialement publi\u00e9s dans\u00a0<em>Slate<\/em>\u00a0en 2015), r\u00e9\u00e9dition\u00a0<em>in<\/em>\u00a0: Ruedi Widmer, Ined Kleesattel, \u00e9ds.,\u00a0<em>Scripted Culture, Digitalization and the Cultural Public Sphere<\/em>,\u00a0<em>op. cit.<\/em>.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Faut-il \u00eatre fou pour installer sur un d\u00e9sert hostile l\u2019un des plus grands festivals du monde\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Slate<\/em>, 11 septembre 2016.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Positive Economy, Towards New Business Models for Artists\u00a0\u00bb, pp. 5-25, in C. Weckerle,\u00a0<em>3rd Creative Economies Report, 2018, art. cit.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vincent Martigny,\u00a0<em>Dire la France. Culture(s) et identit\u00e9s nationales (1981-1995)<\/em>, Presses de Sciences Po, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Viktor Mayer-Sch\u00f6nberger, Kenneth Cukier,\u00a0<em>Big Data, A Revolution That Will Transform How We Live, Work and Think<\/em>, John Murray ed., 2013 (paperback, 2014).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mariana Mazzucato,\u00a0<em>The Entrepreneurial State<\/em>, Anthem Press, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pierre-Michel Menger,\u00a0<em>Paradoxe du musicien<\/em>, Flammarion, 1983<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Portrait de l\u2019artiste en travailleur\u00a0: M\u00e9tamorphoses du capitalisme<\/em>, La R\u00e9publique des Id\u00e9es\/Le Seuil, 2003<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Le Travail cr\u00e9ateur. S\u2019accomplir dans l\u2019incertain<\/em>, Gallimard\/Seuil, 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lee McIntyre,\u00a0<em>Post-Truth<\/em>, The MIT Press, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alex Michalos, \u00ab\u00a0Arts and the quality of life: an Exploratory study\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Social Indicators Research<\/em>, March 2005, Volume 71, Issue 1\u20133, pp 11\u201359.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Toby Miller, Nitin Govil, John McMurria, Richard Maxwell,\u00a0<em>Global Hollywood<\/em>, BFI, 2001.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>William J. Mitchell,\u00a0<em>e-topia,\u00a0<\/em>The MIT Press, 1999.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Evgeny Morozov,\u00a0<em>The Net Delusion\u00a0: The Dark Side of Internet Freedom<\/em>, Public Affairs, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Frank Moss,\u00a0<em>The Sorcerers and Their Apprentices: How the Digital Magicians of the MIT Media Lab are Creating the Innovative Technologies That Will Transform Our Lives<\/em>. Crown Business, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nicholas Negroponte,\u00a0<em>Being Digital<\/em>, Vintage, 1995.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Casey Newton, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.theverge.com\/2015\/1\/28\/7925023\/sundance-film-festival-2015-tangerine-iphone-5s\">How one of the best films at Sundance was shot using an iPhone 5S<\/a>\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The Verge<\/em>, 28 f\u00e9vrier 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jennifer Novak-Leonard, Michael Reynolds, Ned English, Norman Bradburn,\u00a0<em>The Cultural Lives of Californians, Insights from the California Survey of Arts &amp; Cultural Participation<\/em>, Norc\/University of Chicago, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Martha Nussbaum, Amartya Sen, ed.,\u00a0<em>The Quality of Life<\/em>, Clarendon Press, 1993.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Martha Nussbaum,\u00a0<em>Not For Profit, Why Democracy Needs The Humanities<\/em>, Princeton University Press, 2010.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joseph S. Nye, Jr.,\u00a0<em>Soft Power, The Means to Success in World Politics<\/em>, Public Affairs, 2004.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>The Future of Power<\/em>, Public Affairs, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Will Oremus, \u00ab\u00a0Who Controls Your Facebook Feed\u00a0? A small team of engineers in Menlo Park. A panel of anonymous power users around the world. And, increasingly, you\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Slate<\/em>, 3 janvier 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>David Osborne, Ted Gaebler,\u00a0<em>Reinventing Government, How the Entrepreneurial Spirit is Transforming the Public Sector<\/em>, Basic Books, 1992.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>George Packer, \u00ab\u00a0Cheap Words, Amazon is good for customers. But is it good for books ?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 17 &amp; 24 f\u00e9vrier 2014.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>John Palfrey,\u00a0<em>Intellectual Property Strategy<\/em>, The MIT Press, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eli Pariser,\u00a0<em>The Filter Bubble, What the Internet is Hiding from You<\/em>, Penguin Press, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Adam Pasick, \u00ab\u00a0The magic that makes Spotify\u2019s Discover Weekly playlists so damn good\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Quartz<\/em>, 21 d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Christiane Paul,\u00a0<em>L\u2019Art num\u00e9rique<\/em>, Thames &amp; Hudson, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nick Paumgarten, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2014\/09\/22\/camera\">We Are a Camera<\/a>. Experience and memory in the age of GoPro\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 22 septembre 2014.<\/p>\n<p><strong><u>\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Benjamin Peters, ed.,\u00a0<em>Digital Keywords, A Vocabulary of Information, Society &amp; Culture<\/em>, Princeton University Press, 2016 (voir notamment les articles\u00a0: \u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Algorithmn\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Cloud\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Participation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Prototype\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sharing\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Personalization\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Policy Research Group,\u00a0<em>The Creative Economy\u00a0: Key Concepts and Literature, Review Highlights<\/em>, Patrimoine canadien\/Canadian Heritage, Mai 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marcin Poprawski, \u00ab\u00a0Cultural education organizations and flexible individualization of taste\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Journal of Organizational Change Management<\/em>, Vol. 28 No. 2, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Kent E. Portney,\u00a0<em>Sustainability<\/em>, The MIT Press, 2015.<\/p>\n<p><strong><u>\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Samantha Power,\u00a0<em>The Education of an idealist<\/em>, W. Collins, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Andy Pratt, \u00ab\u00a0The Challenge of Governance in the Creative and Cultural Industries\u00a0\u00bb, in Lange, Kalandides, Stober, Wellmann, eds.,\u00a0<em>Governance Der Kreativwirtschaft: Diagnosen Und Handlungsoptionen<\/em>, Verlag, 2009.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Music Rights: Towards a Material Geography of Musical Practices in the \u2018Digital Age\u2019\u00a0\u00bb,\u00a0<em>in\u00a0<\/em>Hracs, Seman, Virani, \u00e9ds.,<em>\u00a0The Production and Consumption of Music in the Digital Age<\/em>, Routledge, 2016.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Innovation and the Cultural Economy\u00a0\u00bb,\u00a0<em>in<\/em>\u00a0Harald Bathelt, Patrick Cohendet, Sebastian Henn, Laurent Simon, \u00e9ds,\u00a0<em>The Elgar Companion to Innovation and Knowledge Creation: A Multi-Disciplinary Approach<\/em>, Edward Elgar, 2017.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0Cultural Industries and Public Policy\u00a0: An Oxymoron\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>International Journal of Cultural Policy<\/em>, 11, pp. 31-44.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>David Price,\u00a0<em>The Pixar Touch, The Making of a Company<\/em>, Knopf, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mike Proulx, Stacey Shepatin,\u00a0<em>Social TV<\/em>, John Wiley, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Robert Putnam,\u00a0<em>Bowling Alone, The Collapse and Revival of American Community<\/em>, Touchstone, 2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gary L. Reback,\u00a0<em>Free the Market\u00a0! Why Only Government Can Keep the Marketplace Competitive<\/em>, Portfolio, 2009\u00a0(voir aussi\u00a0sur Gary Reback et Susan Creighton : Steve Lohr, \u00ab\u00a0Onetime Allies in Antitrust Part Ways Over Google\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, December 16, 2012 et James Temple, \u00ab\u00a0Antitrust Bulldog Gary Reback Pushes Google Probe\u00a0\u00bb,\u00a0<em>San Francisco Chronicle<\/em>, January 24, 2011).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Scott Reyburn, \u00ab\u00a0Why Cryptocurrencies be the art market\u2019s next big thing\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 13 janvier 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Frank Rich,\u00a0<em>Hot Seat, Theater Criticism for The New York Times, 1980-1993<\/em>, Random House, 1998.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Steven Rosenbaum,\u00a0<em>Curation Nation, Why the Future of Content is Context, How to Win in a World Where Consumers are Creators<\/em>, McGraw Hill, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Carole Rosenstein,\u00a0<em>Understanding Cultural Policy<\/em>, Routledge, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alex Ross, \u00ab\u00a0The Classical Cloud. The pleasures and frustrations of listening online\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 8 septembre 2014.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab\u00a0The Fate of the Critic in the Clickbait Age\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Yorker<\/em>, 13 mars 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gabriel Rossman,\u00a0<em>Climbing the Charts, What Radio Airplay Tells Us About the Diffusion of Innovation<\/em>, Princeton University Press, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joshua Rothman, \u00ab\u00a0In the Age of A.I., is seing still believing\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New York<\/em>er, 12 novembre 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nayan Ruparelia,\u00a0<em>Cloud Computing<\/em>, The MIT Press, 2016.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Michael Sandel,\u00a0<em>What Money Can\u2019t Buy, The Moral Limits of Markets<\/em>, Allen Lane, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Amitabh Satyam, Igor Calzada,\u00a0<em>The Smart City Transformations, The Revolution of the 21st Century<\/em>, Bloomsbury, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Michael Scherdin, Ivo Zander, ed.,\u00a0<em>Art entrepreneurship<\/em>, Edward Elgar Publishing, 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eric Schmidt, Jared Cohen,\u00a0<em>The New Ditital Age, Reshaping the Future of People<\/em>,\u00a0<em>Nations and Business<\/em>, Knopf, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peter Schuck,\u00a0<em>Diversity in America : keeping government at a safe distance<\/em>, Harvard University Press, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Amartya Sen,\u00a0<em>Identity &amp; Vilence, The Illusions of Destiny<\/em>\u00a0; conf\u00e9rences, 2001-2002\u00a0; Penguin Books, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dan Senor, Saul Singer,\u00a0<em>Start-up Nation, The Story of Israel\u2019s Economic Miracle<\/em>, Twelve, 2009.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Neil Shister,\u00a0<em>Radical Ritual: How Burning Man Changed the World<\/em>, Counterpoint, 2019<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tom Shone,\u00a0<em>Blockbuster, How Hollywood Learned to Stop Worrying and Love the Summer<\/em>, Simon and Schuster, 2004.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ben Sisario, \u00ab\u00a0New Way to Pay Songwriters and Musicians in the Streaming Age Advances\u00a0\u00bb,\u00a0<em>New York Times<\/em>, 28 juin 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Emmanu\u00ebl Souchier, \u00c9tienne Candel, Gustavo Gomez-Mejia,\u00a0<em>Le Num\u00e9rique comme \u00e9criture<\/em>, Armand Colin, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Julian Stallabrass,\u00a0<em>Internet Art : The Online Clash Between Culture and Commerce<\/em>, Tate Publishing, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tom Standage,\u00a0<em>Writing on the Wall, Social Media. The First 2,000 Years<\/em>, Bloomsbury, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Paul Starr,\u00a0<em>The Creation of the media, Political origins of Modern Communications<\/em>, Basic Books, 2004.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>James B. Stewart,\u00a0<em>DisneyWar<\/em>, Simon &amp; Schuster, 2005.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joseph Stiglitz, Amartya Sen, Jean-Paul Fitoussi,\u00a0<em>Richesse des nations et bien-\u00eatre des individus : performances \u00e9conomiques et progr\u00e8s social<\/em>, Odile Jacob, 2009.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Brad Stone,\u00a0<em>The Everything Store, Jeff Bezos and the Age of Amazon<\/em>, Little, Brown and Company, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jonathan Taplin,\u00a0<em>Move Fast and Break Things, How Facebook, Google and Amazon cornered culture and undermined democracy<\/em>, Little, Brown &amp; Company, 2017.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peter Taylor, Larissa Davies, Peter Wells, Jan Gilbertson, William Tayleur,\u00a0<em>A Review of the Social Impacts of Culture and Sports<\/em>, CASE Program, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>David Throsby,\u00a0<em>Economics and Culture<\/em>, Cambridge University Press, 2001 ; reed 2004.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Anthony M. Townsend,\u00a0<em>Smart Cities, Big Data, Civic Hackers, and the Quest for a New Utopia<\/em>, Norton, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enzo Traverso, \u00ab\u00a0Adorno et les antinomies de l\u2019industrie culturelle\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Communications<\/em>, 2012\/2, n\u00b091, pp. 51-63.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sherry Turkle,\u00a0<em>Alone Together, Why we expect from technology and less from each other<\/em>, Basic Books, 2012<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<em>Reclaiming Conversation, The Power of Talk in a Digital Age<\/em>, Penguin Press, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fred Turner,\u00a0<em>From Counterculture to Cyberculture, Stewart Brand, The Whole Earth Network and the Rise of Digital Utopianism<\/em>, University of Chicago Press, 2006.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Philippe Urfalino,\u00a0<em>L\u2019invention de la politique culturelle<\/em>, Hachette, 1996.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sudhir Alladi Venkatesh,\u00a0<em>American Project, The Rise and Fall of a Modern Ghetto<\/em>, Harvard University Press, 2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eric Vidalenc,\u00a0<em>Pour une \u00e9cologie num\u00e9rique<\/em>, Les petits matins, 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Antonios Vlassis,\u00a0<em>Gouvernance mondiale et culture : De l\u2019exception \u00e0 la diversit\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Presses Universitaires de Li\u00e8ge, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bruce Wands,\u00a0<em>L\u2019Art \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique<\/em>, Thames &amp; Hudson, 2007.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Christoph Weckerle, \u00ab\u00a0Swiss Cultural Policy Profile in compendium database\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cultural Policies<\/em>, 2014 (<a href=\"https:\/\/www.culturalpolicies.net\/\">https:\/\/www.culturalpolicies.net\/<\/a>)<\/p>\n<p>\u2013 \u00e9d., \u00ab\u00a0Entrepreneurial Strategies for a \u201cPositive Economy\u201d\u00a0\u00bb,\u00a0<em>3rd Creative Economies Report<\/em>, Switzerland 2018, Creative Economies Research Venture, Zurich, 2018 (voir\u00a0: Fr\u00e9d\u00e9ric Martel, \u00ab\u00a0Positive Economy, Towards New Business Models for Artists\u00a0\u00bb, pp. 5-25)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Christoph Weckerle, Andreas Volk, \u00ab\u00a0Die Rolle von Kultur und Kulturpolitik in den schweizerischen Aussenbeziehungen\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Synthesebericht<\/em>, Schweizerischer Nationalfonds\/Swiss National Science Foundation, 1999.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Hartmut Wickert, Fr\u00e9d\u00e9ric Martel, \u00e9ds.,\u00a0<em>Embedded Artists, Artists Outside the Art World: The World in Quest of Artists<\/em>, ZHdK Publication, 2020.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ruedi Widmer, Ined Kleesattel, \u00e9ds.,\u00a0<em>Scripted Culture, Digitalization and the Cultural Public Sphere<\/em>, Diaphanes\/Zurich, 2018.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peter Wood,\u00a0<em>Diversity, the invention of a concept<\/em>, Encounter Books, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joanna Woronkowicz, Douglas Noonan, \u00ab\u00a0Why Goes Freelance\u00a0? The Determinants of Self-Employment for Artists\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Entrepreneurship Theory and Practice<\/em>, Vol 43 (4), 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joanna Woronkowicz, \u00ab\u00a0The Embedded Artist Worker: Shifting Perspectives on Artists in the Labor Force\u00a0\u00bb, 2020,\u00a0<em>in<\/em>\u00a0Hartmut Wickert, Fr\u00e9d\u00e9ric Martel, \u00e9ds.,\u00a0<em>Embedded Artists, Artists Outside the Art World: The World in Quest of Artists, op. cit.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Joanna Woronkowicz, Carroll Joynes, Peter Frumkin, Anastasia Kolendo, Bruce Seaman, Robert Gertner, Norman Bradburn,\u00a0<em>Set in Stone\u00a0: Building America\u2019s New Generation of Arts<\/em>, Cultural Policy Center at University of Chicago, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tim Wu, \u00ab\u00a0Niche is the New Mass\u00a0\u00bb,\u00a0<em>The New Republic,\u00a0<\/em>December 9, 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fareed Zakaria,\u00a0<em>The Post-American World and the Rise of the Rest<\/em>, Norton, 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span id=\"Statistiques_et_donnees\"><em>Statistiques et donn\u00e9es\u00a0:<\/em><\/span><\/h3>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u2013 DONN\u00c9ES M\u00c9DIAS ET NUM\u00c9RIQUE US &amp; GLOBAL : Wall Street Journal\/Activate Technology &amp; Media Outlook 2016 et 2020, voir :\u00a0<a href=\"https:\/\/activate.com\/outlook\/\">https:\/\/activate.com\/outlook\/<\/a>\u00a0; ainsi que PriceWaterHouseCoopers\u00a0: Global entertainment &amp; media outlook 2017-2021, New York (a comprehensive five-year forecast focuses on trends across 17 segments and 54 countries\u00a0; including Entertainment, Movie Industry, Music, Book, TV, Video Game, Media outlets, Internet). Donn\u00e9es d\u2019ensemble\/pays\u00a0: The Economist,\u00a0<em>World in Figure<\/em>, 2018<\/p>\n<p>\u2013 WTO\/OMC\u00a0: World Trade Statistical Review 2017.<\/p>\n<p>\u2013 FMI\/IMF\u00a0: Balance of Payments and International Investment Position Statistics, 2015 et World Economic Outlook, January 2018.<\/p>\n<p>\u2013 EUROPE : Eurostat, Cultural Statistics, 2016 (Statistical Office of the European Communities)\u00a0; KEA &amp; PPMI,\u00a0<em>Research for CULT Committee, Culture and creative sectors in the European Union<\/em>, European Parliament, Policy Department for Structural and Cohesion Policies, 2019.<\/p>\n<p>\u2013 UNESCO\u00a0: Creative Economy Report, 2013, Institute for Statistics (peu de donn\u00e9es et auto-d\u00e9claratives des \u00c9tats, donc peu fiables).<\/p>\n<p>\u2013 UNCTAD (U.N. agency dealing with trade, investment and development issues) : Creative Economy Outlook, Trends in international trade in creative industries, UNCTAD\/DITC\/TED, 2018.<\/p>\n<p>\u2013 ARTISTS LABOR (US) : US government\u2019s Population Census\u00a0(le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0Census\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 d\u00e9sormais par un \u00ab\u00a0sample\u00a0\u00bb) ; American Community Survey\u00a02010-2014 ; US Bureau of Labor Statistics, BLS, 2005\u00a0; National Endowment for the Arts\u00a0; McKinsey Global Institute Survey\u00a0; JPMorgan Chase &amp; Co Institute\u00a0; National Bureau of Economic Research, NBER, 1995-2015\u00a0(pour une discussion sur ces donn\u00e9es appliqu\u00e9es aux arts, voir\u00a0: Sunil Iyengar &amp; Bonnie Nichols, \u00ab\u00a0Taking Note\u00a0: Measuring the Gig Economy through a New Data Source\u00a0\u00bb,\u00a0<em>NEA<\/em>, Dec 2016\u00a0; voir aussi Markusen, 2020).<\/p>\n<p>\u2013 NEA\u00a0\/ National Endowment for the Arts (US)\u00a0: nombreuses \u00e9tudes disponibles sur le site.<\/p>\n<p>\u2013 NESTA (Royaume Uni)\u00a0: pour des \u00e9tudes et des donn\u00e9es europ\u00e9ennes et au Royaume Uni (voir la branche \u00ab\u00a0Creative Economy &amp; Culture\u00a0\u00bb de NESTA).<\/p>\n<p>\u2013 COMPENDIUM of Cultural Policies &amp; Trends, Boekman Foundation (Pays-Bas).<\/p>\n<p>\u2013 IDATE\u00a0:\u00a0<em>DigiWorld Yearbook 2017<\/em>.<\/p>\n<p>\u2013 PIRATAGE\u00a0: Sur les donn\u00e9es du piratage dans les secteurs de la musique et du cin\u00e9ma, voir,\u00a0pour la musique\u00a0: \u00ab\u00a0The Media Piracy Report\u00a0\u00bb, The American Assembly at Colombia University, 2011\u00a0; pour le cin\u00e9ma, MPAA (<a href=\"http:\/\/www.mpaa.org\/policy\/industry\">Sources<\/a>).Voir \u00e9galement\u00a0: The Department of Commerce,\u00a0<em>Internet Policy Task Force, Copyright Policy, Creativity, and Innovation in the Digital Economy<\/em>, 2013 (<a href=\"http:\/\/www.uspto.gov\/news\/publications\/copyrightgreenpaper.pdf\">PDF<\/a>).<\/p>\n<p>\u2013 CINEMA\u00a0: Sur le box office am\u00e9ricain, voir \u00a0MPAA\u00a0; On US Box Office\u00a0: Variety\u00a0; Hollywood Reporter, BoxOfficeMojo et IMDb.<\/p>\n<p>\u2013 MUSIQUE\u00a0: Sur les ventes de musique (CD et streaming), voir\u00a0: Nielsen SoundScan and Billboard.<\/p>\n<p>\u2013 EDITION (ventes US et Canada) : Nielsen BookScan.<\/p>\n<p>\u2013 RADIO : CMJ New Music Report\u00a0; podcasts\u00a0: magellan.ai<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Fr\u00e9d\u00e9ric Martel (ZHdK University)* Ce texte in\u00e9dit en fran\u00e7ais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[42,59],"tags":[66],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1241"}],"collection":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1241"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1245,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1241\/revisions\/1245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}