{"id":1431,"date":"2021-12-07T12:17:37","date_gmt":"2021-12-07T12:17:37","guid":{"rendered":"https:\/\/fredericmartel.com\/les-nouveaux-modeles-economiques-de-la-musique\/"},"modified":"2022-02-10T18:03:56","modified_gmt":"2022-02-10T18:03:56","slug":"les-nouveaux-modeles-economiques-de-la-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/les-nouveaux-modeles-economiques-de-la-musique\/","title":{"rendered":"Les nouveaux mod\u00e8les \u00e9conomiques de la musique"},"content":{"rendered":"<p><b>Matthieu Dartiguenave (@MattDarti) est associ\u00e9 co-fondateur de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0<a href=\"http:\/\/www.anteprimaproductions.com\/\">Anteprima Prime<\/a>*, \u00e9diteur des artistes Manu Katch\u00e9, Baptiste Trotignon et Eric Legnini. Il revient pour le site Smart, sur les \u00e9volutions des mod\u00e8les \u00e9conomiques de la musique\u00a0: 360\u00b0, live, synchro, jeux vid\u00e9o, brand content, d\u00e9publicitarisation, bundles\u2026 c\u2019est toute une nouvelle industrie de la musique qui se dessine. Interview.<\/b><\/p>\n<p><b>\u2013 Le mod\u00e8le \u00e9conomique de la musique se transforme rapidement du fait d\u2019internet, au point d\u2019ailleurs o\u00f9 l\u2019on parle de nouveaux mod\u00e8les au pluriel. Quelles en sont les tendances de fond ?<\/b><\/p>\n<p>Effectivement internet a transform\u00e9 la musique. On peut d\u00e9sormais acc\u00e9der \u00e0 un catalogue illimit\u00e9 en ligne gr\u00e2ce \u00e0 des services comme Deezer ou Spotify, on partage ses playlists sur Twitter ou Facebook et on d\u00e9couvre des nouveaut\u00e9s sur des blogs comme\u00a0<a href=\"http:\/\/pitchfork.com\/\">Pitchfork\u00a0<\/a>ou la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.blogotheque.net\/\">Blogoth\u00e8que<\/a>. On assiste \u00e0 des festivals ou des concerts en ligne via YouTube qui comptait pas moins de 375 millions de vid\u00e9os musicales en 2013.<\/p>\n<p>Pour les cr\u00e9ateurs, internet ouvre aussi de nouvelles voies. On peut\u00a0<i>uploader<\/i>\u00a0ses propres cr\u00e9ations sur SoundCloud, consid\u00e9r\u00e9 comme le YouTube de la musique. De nombreux services comme\u00a0<a href=\"http:\/\/www.zimbalam.fr\/\">Zimbalam<\/a>, proposent aux artistes ind\u00e9pendants de distribuer directement leur musique en ligne. Et les clips musicaux deviennent interactifs comme\u00a0celui de Pharrell Williams pour sa chanson\u00a0<i>Happy\u00a0<\/i>ou celui de Bob Dylan pour\u00a0<i>Like a Rolling Stone<\/i>.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces changements, la fili\u00e8re musicale s\u2019est r\u00e9organis\u00e9e. Apr\u00e8s une longue crise et l\u2019effondrement du march\u00e9 du disque, les labels ont adapt\u00e9 leur mod\u00e8le \u00e9conomique. Du 360\u00b0 au crowdfunding, internet a fait \u00e9merg\u00e9 des nouveaux mod\u00e8les de production, de financement et de diffusion de la musique.<\/p>\n<p>Le streaming est sans doute la proposition la plus aboutie de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ce dernier repr\u00e9sente 50% des revenus du secteur de la musique en ligne selon les derniers chiffres du Snep (Syndicat National de l\u2019Edition Phonographique). On estime qu\u2019il y a entre 1,5 et 2 millions d\u2019abonn\u00e9s \u00e0 un service d\u2019\u00e9coute en ligne en France. Mais si les revenus publicitaires ont augment\u00e9 de 44 % en 1 an pour le streaming gratuit, les artistes n\u2019en voient pas encore les effets concrets sur leurs revenus.<\/p>\n<p>C\u2019est le sujet de la lutte r\u00e9cente entre WIN (Worldwide Independant Network) et YouTube. La plateforme de vid\u00e9os en ligne souhaite lancer un abonnement payant pour l\u2019\u00e9coute de musique sur son site. Mais la r\u00e9partition des revenus propos\u00e9e l\u00e8se les artistes ind\u00e9pendants qui pourraient dispara\u00eetre de YouTube si un accord n\u2019est pas conclu.<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>\u2013 Le t\u00e9l\u00e9chargement de la musique \u00e0 l\u2019acte et l\u2019achat \u00e0 l\u2019acte, en gros le mod\u00e8le iTunes, semble en d\u00e9clin ?<\/b><\/p>\n<p>Oui, cela se pourrait bien. Lorsque les premiers iPod sont apparus, les consommateurs de musique ont vite compris qu\u2019ils pouvaient stocker et emporter avec eux des milliers de chansons au lieu d\u2019une vingtaine sur un CD. Le coup de g\u00e9nie de Steve Jobs c\u2019est d\u2019avoir invent\u00e9 la plateforme de vente iTunes associ\u00e9e \u00e0 l\u2019iPod et plus tard \u00e0 l\u2019iPhone.<\/p>\n<p>Mais aujourd\u2019hui les consommateurs de musique ont compris autre chose. A quoi bon acheter de la musique titre par titre lorsqu\u2019on peut avoir acc\u00e8s \u00e0 la plus grande librairie musicale du monde pour un abonnement peu on\u00e9reux. C\u2019est sans doute l\u2019une des raisons qui pourrait marquer la fin d\u2019iTunes. L\u2019heure n\u2019est plus \u00e0 la possession mais \u00e0 l\u2019acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, il y a eu au moins deux tournants pour la fili\u00e8re musicale. Le partage de musique en Peer-to-Peer avec notamment Napster, et iTunes avec le t\u00e9l\u00e9chargement de musique \u00e0 l\u2019acte. Vient s\u2019ajouter aujourd\u2019hui le streaming.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 Le rachat de Beats par Apple indique-t-il une \u00e9volution ? Comment le d\u00e9crypter ?\u00a0<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est justement une r\u00e9action d\u2019Apple face au d\u00e9clin d\u2019iTunes. La firme de Cupertino a pris du retard sur le march\u00e9 du streaming et \u00a0compte sur le service Beats Music pour s\u2019installer dans le secteur. Car la soci\u00e9t\u00e9 Beats Electronics a d\u00e9velopp\u00e9, en parall\u00e8le de ses \u00a0casques audio haute d\u00e9finition, un service d\u2019\u00e9coute en ligne qui pourrait bien devenir l\u2019offre future d\u2019Apple.<\/p>\n<p>Ce type de rachat \u2013 pour une somme de 3 milliards de dollars \u2013 est aussi significatif de la politique de recrutement de talents men\u00e9e \u00a0par les grandes entreprises de la Silicon Valley. Derri\u00e8re Beats, il y a deux personnalit\u00e9s qui int\u00e9ressent Apple. Jimmy Iovine est un \u00a0entrepreneur \u00e0 succ\u00e8s dans l\u2019industrie musicale depuis des ann\u00e9es et son associ\u00e9 n\u2019est autre que le rappeur et producteur Dr. Dre. \u00a0Apple les a d\u2019ailleurs embauch\u00e9s depuis.<\/p>\n<p><em>[ NDLR :\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/secteur\/high-tech\/2014\/07\/02\/01007-20140702ARTFIG00198-google-se-renforce-dans-la-musique-en-ligne-en-rachetant-songza.php\">Google a \u00e9galement rachet\u00e9 Songza r\u00e9cemment<\/a>\u00a0]<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 Comment cela se passe-t-il dans d\u2019autres pays\u00a0?<\/b><\/p>\n<p>En France, quand on parle du piratage de musique, on d\u00e9nonce souvent Internet. Dans bien d\u2019autres pays, c\u2019est l\u2019inverse.<\/p>\n<p>Que ce soit au Br\u00e9sil, en Inde ou en Russie, le march\u00e9 de la musique se structure peu \u00e0 peu gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019implantation d\u2019offres l\u00e9gales de streaming et surtout gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place d\u2019un r\u00e9seau de distribution num\u00e9rique de plus en plus solide. M\u00eame si le piratage demeure massif dans ces territoires, Internet a permis de cr\u00e9er une dynamique vertueuse pour ces march\u00e9s \u00e9mergents. Le continent africain confirme par exemple que l\u2019avenir de la musique, c\u2019est le num\u00e9rique \u2013 l\u2019Afrique du Sud et le Nig\u00e9ria en t\u00eate des pays les plus innovants en termes de musique en ligne. De plus en plus de labels africains optent ainsi pour une strat\u00e9gie\u00a0<i>online<\/i>\u00a0(<a href=\"http:\/\/freemedigital.com\/\">Freeme Digital\u00a0<\/a>au Nig\u00e9ria par exemple).<\/p>\n<p>Le dernier rapport de l\u2019Ifpi (F\u00e9d\u00e9ration Internationale de l\u2019Industrie Phonographique) a prouv\u00e9 cette tendance. L\u2019Argentine a vu son chiffre d\u2019affaire augmenter de 69 %, l\u2019Afrique du sud de 107 %, et le Venezuela de 85 %. Et en 2013, la plateforme d\u2019\u00e9coute en ligne Spotify s\u2019est install\u00e9 dans 38 territoires. Toujours d\u2019apr\u00e8s l\u2019Ifpi, il y aurait 450 services de streaming dans le monde qui auraient contribu\u00e9 \u00e0 39 % des revenus de l\u2019industrie de la musique en enregistr\u00e9e en 2013.<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>\u2013 Qu\u2019est-ce que le mod\u00e8le dit \u00ab\u00a0Synchro\u00a0\u00bb ?<\/b><\/p>\n<p>Le terme synchro est un terme g\u00e9n\u00e9rique qui d\u00e9signe g\u00e9n\u00e9ralement la musique \u00e0 l\u2019image. La musique de film, la musique de publicit\u00e9, d\u2019\u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, de s\u00e9ries TV et m\u00eame de jeux vid\u00e9o. Il existe deux types de synchronisation\u00a0: les commandes d\u2019enregistrements, c\u2019est-\u00e0-dire les cr\u00e9ations originales, et le \u00ab\u00a0placement\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019utilisation de musique pr\u00e9existante.<\/p>\n<p>Avec la r\u00e9organisation de la fili\u00e8re musicale, la synchro est devenue une manne financi\u00e8re tr\u00e8s importante pour les compositeurs de musique. M\u00eame si les budgets varient en fonction de nombreux param\u00e8tres (la dur\u00e9e, le territoire, l\u2019annonceur, la r\u00e9putation de l\u2019artiste etc.), les droits d\u2019auteur g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par un spot publicitaire ou par un film sont devenus parfois bien plus r\u00e9mun\u00e9rateurs que les ventes d\u2019albums.<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es ce march\u00e9 s\u2019est consolid\u00e9 et stabilis\u00e9. De 2010 \u00e0 2011, les revenus de la synchronisation ont augment\u00e9 de 31 %. Les agences sp\u00e9cialis\u00e9es dans le placement de musique \u00e0 l\u2019image se sont multipli\u00e9es et les majors du disque ont m\u00eame ouvert leur propre d\u00e9partement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la synchro. C\u2019est le cas d\u2019Universal Music avec\u00a0<a href=\"http:\/\/www.universalmusicandbrands.fr\/endorsement\/\">U think<\/a>\u00a0!<\/p>\n<p>La synchro ne se limite pas \u00e0 une diversification des revenus de la musique. C\u2019est aussi un formidable acc\u00e9l\u00e9rateur de carri\u00e8re. En 2008, le titre\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=0nhq5l3aY_g&amp;feature=kp\"><i>New Soul<\/i>\u00a0<\/a>de la chanteuse Yael Na\u00efm est utilis\u00e9 par Apple pour le lancement du MacBook Air. L\u2019exposition m\u00e9diatique est telle que la chanson se placera en t\u00eate des ventes dans de nombreux pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 Les marques entrent aussi dans le jeu\u00a0: Starbucks, The Kooples etc.<\/b><\/p>\n<p>Oui, les marques s\u2019investissent de plus en plus dans la cr\u00e9ation de contenu, le \u00ab\u00a0brand content\u00a0\u00bb. On peut appeler cela de la d\u00e9publicitarisation, puisque les marques ne s\u2019affichent plus comme un annonceur bien identifi\u00e9 mais plut\u00f4t comme un relai m\u00e9dia, un producteur ou un \u00e9diteur de contenu culturel. A mon sens, la relation marque-artiste ne doit pas \u00eatre comprise comme une menace. Pour un artiste, la marque est un autre moyen de faire conna\u00eetre ses cr\u00e9ations.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les marques ont bien compris l\u2019int\u00e9r\u00eat de cr\u00e9er du contenu. The Kooples et Starbucks ont effectivement lanc\u00e9 leur propre label musical. Les grandes agences de communication se sont positionn\u00e9es dans ce secteur. Havas a cr\u00e9e la filiale BETC Music qui travaille pour des groupes tels que Evian ou Air France. Sans compter les nombreux bundles, ces forfaits t\u00e9l\u00e9phoniques qui int\u00e8grent des abonnements streaming comme le propose Orange avec Deezer.<\/p>\n<p>Nous parlions de Beats Electronics tout \u00e0 l\u2019heure. Eux aussi ont mis en place une strat\u00e9gie brand content avec des partenariats comme HP ou Chrysler pour distribuer BeatsAudio, un logiciel de diffusion haute qualit\u00e9 de la musique sur smartphone, PC ou en voiture.<\/p>\n<p>Cette nouvelle relation marque-musique va m\u00eame plus loin. Les strat\u00e9gies marketing s\u2019affinent de plus en plus. On parle alors de design sonore et d\u2019identit\u00e9 sonore. La musique ne vient plus seulement illustrer un film ou spot publicitaire mais les valeurs d\u2019une entreprise. Tout comme pour une charte graphique, la musique vient souligner et d\u00e9finir l\u2019identit\u00e9 de la marque. L\u00e0 encore, le secteur se structure petit \u00e0 petit et les agences sp\u00e9cialistes de l\u2019identit\u00e9 sonore prosp\u00e8rent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u00a0\u2013 La synchro c\u2019est aussi le jeu vid\u00e9o. Ubisoft a cr\u00e9\u00e9 son d\u00e9partement musique ?<\/b><\/p>\n<p>Oui \u00e0 Montr\u00e9al en 2002. En effet, les bandes son des jeux vid\u00e9o sont depuis plusieurs ann\u00e9es extr\u00eamement qualitatives. Certaines \u00a0sont m\u00eame devenues cultes comme la musique du compositeur japonais Nobuo Uematsu pour le jeu\u00a0<i>Final Fantasy<\/i>\u00a0d\u00e9velopp\u00e9 et \u00a0publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 Square. Le secteur du jeu vid\u00e9o, premi\u00e8re industrie culturelle en France et dans le monde par son chiffre \u00a0d\u2019affaire, est tr\u00e8s attractif pour la fili\u00e8re musicale.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, depuis cette ann\u00e9e, la Sacem (Soci\u00e9t\u00e9 des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique) a sign\u00e9 un accord avec \u00a0Ubisoft concernant la musique de jeux vid\u00e9o pour faciliter le travail entre les compositeurs fran\u00e7ais et les studios de cr\u00e9ation. Avec \u00a0ses diff\u00e9rents accords pass\u00e9s avec les soci\u00e9t\u00e9s de productions audiovisuelles ou les \u00e9diteurs de contenus en ligne, la Sacem facilite la \u00a0r\u00e9partition des droits d\u2019auteurs et permet l\u2019\u00e9mergence de ces nouveaux secteurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 On assiste \u00e0 la red\u00e9finition des m\u00e9tiers de music supervisor et d\u2019\u00e9diteur musical. Ce serait quoi la fiche de poste pour ces m\u00e9tiers ?<\/b><\/p>\n<p>Le music supervisor n\u2019est pas \u00e0 proprement parler un nouveau m\u00e9tier mais son r\u00f4le a pris de plus en plus d\u2019ampleur.<\/p>\n<p>A l\u2019origine, le music supervisor \u00e9tait la personne qui aidait un r\u00e9alisateur \u00e0 choisir les bonnes musiques pour accompagner ses images. Il fallait une grande connaissance de la musique, c\u2019est pourquoi les premiers music supervisor \u00e9taient bien souvent des collectionneurs de disques et de vinyls.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le music supervisor s\u2019efforce toujours de d\u00e9goter la perle rare pour illustrer un film, mais il doit aussi obtenir les licences d\u2019utilisation et les droits de l\u2019\u0153uvre, c\u2019est le travail dit de \u00ab\u00a0clearance\u00a0\u00bb. C\u2019est lui qui fait le lien entre les compositeurs et les producteurs, r\u00e9alisateurs et monteurs du film, du spot publicitaire ou du jeu vid\u00e9o.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9diteur musical, il \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine \u00e9diteur des partitions du compositeur. Avec les r\u00e9volutions techniques des supports de fixation de la musique, l\u2019\u00e9diteur a chang\u00e9 de m\u00e9tier. Son objectif est de d\u00e9fendre les \u0153uvres de ses compositeurs et de favoriser leur exploitation \u00e0 la radio, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, au cin\u00e9ma etc. L\u2019\u00e9diteur musical repr\u00e9sente un catalogue de titres dans lequel le music supervisor peut se servir pour des demandes de synchronisation par exemple.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que nous faisons chez<a href=\"http:\/\/www.anteprimaproductions.com\/\">\u00a0Anteprima Prime<\/a>, soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9dition musicale des artistes Manu Katch\u00e9, Baptiste Trotignon et Eric Legnini. Nous accompagnons les artistes vers de nouveaux secteurs\u00a0\u00e0 travers la musique \u00e0 l\u2019image, le brand content, la musique en ligne pour proposer un nouveau mod\u00e8le \u00e9conomique de financement et de diffusion pour la cr\u00e9ation musicale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 Cela veut dire que les musiciens ne gagneront plus d\u2019argent de la vente de leur musique mais de la synchro ?<\/b><\/p>\n<p>La synchronisation est encore un mod\u00e8le fragile. C\u2019est un syst\u00e8me au coup par coup qui ne donne pas encore de garantie sur le long terme aux artistes, contrairement aux concerts et aux tourn\u00e9es par exemple. Mais on peut penser que le brand content et la synchronisation musicale deviendront dans les ann\u00e9es \u00e0 venir des axes de d\u00e9veloppement strat\u00e9giques pour les artistes tant sur le plan financier que promotionnel.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue artistique, je crois que le format \u00ab\u00a0album\u00a0\u00bb tel qu\u2019on le connait existera encore. Un artiste doit pouvoir proposer \u00e0 son public une \u0153uvre globale et coh\u00e9rente. Quelle que soit la mani\u00e8re d\u2019\u00e9couter la musique, les consommateurs de musique recherchent un univers, une personnalit\u00e9, une histoire. Mais, selon moi, \u00ab\u00a0l\u2019album\u00a0\u00bb deviendra davantage un outil de communication qu\u2019un produit destin\u00e9 \u00e0 la vente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u2013 Internet pose aussi le probl\u00e8me de la recommandation. Entre l\u2019algorithme et la curation, on a un tout nouveau mod\u00e8le ? Et ca veut dire qu\u2019une critique de musique dans <i>Lib\u00e9ration<\/i>\u00a0ou la \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb des\u00a0<i>Inrocks<\/i>\u00a0n\u2019a plus le m\u00eame impact que\u00a0 ces nouveaux mod\u00e8les ?<\/b><\/p>\n<p>Internet a introduit un nouveau param\u00e8tre, c\u2019est le nombre. Deezer et Spotify proposent plus de 20 millions de titres dans leur catalogue\u00a0! Et on ne d\u00e9nombrait pas moins de 500 services de musique en ligne disponibles en 2013. Comment faire le tri dans cette montagne d\u2019\u0153uvres\u00a0? Comme pour de nombreux secteurs, les data et les m\u00e9tadata ouvrent des perspectives vertigineuses pour la cr\u00e9ation de nouveaux mod\u00e8les.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la musique en ligne, les donn\u00e9es d\u2019identification des \u0153uvres sont d\u00e9cisives pour g\u00e9n\u00e9rer des algorithmes de recommandation. Les suggestions propos\u00e9es par des services comme Pandora, Spotify ou Deezer se fondent sur les go\u00fbts et les genres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s des utilisateurs pour leur fournir une recommandation ultra personnalis\u00e9e. Ces propositions automatis\u00e9es sont parfois m\u00eame enrichies de conseils d\u2019influenceurs ou de curateurs comme c\u2019est le cas des playlists r\u00e9alis\u00e9es par des personnalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les d\u00e9couvertes musicales en ligne jouent donc un r\u00f4le d\u00e9terminant, et si elles ne remplacent pas les prescripteurs plus traditionnels comme la presse \u00e9crite ou la radio, elles sont au moins tout aussi importantes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i>Propos recueillis pour\u00a0<\/i>Smart<i>\u00a0par Raphael Camuset<\/i><\/p>\n<p><i>*Anteprima Prime est une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9dition musicale cr\u00e9\u00e9e en 2013 qui regroupe plusieurs artistes de l\u2019agence de booking Anteprima : Manu Katch\u00e9, Baptiste Trotignon, Eric Legnini et Franck Agulhon. Anteprima Prime d\u00e9veloppe et accompagne ces compositeurs reconnus vers la synchronisation, la supervision musicale et le brand content.<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Matthieu Dartiguenave (@MattDarti) est associ\u00e9 co-fondateur de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0Anteprima Prime*, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[60],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1431"}],"collection":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1431"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1431\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1433,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1431\/revisions\/1433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1431"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericmartel.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}